Piéger le cancer professionnel

C. Barruyer Prévention BTP, 2013, n°170 pp. 62-64
Les cancers reconnus en maladie professionnelle ne sont que 1 805 en 2009. L’Institut de veille sanitaire (InVS) estime leur nombre ente 11 000 et 23 0000.
Les raisons de cette sous-déclaration : les nombreux éléments impliqués dans le développement de la maladie : des facteurs personnels, génétiques, comportementaux, environnementaux (professionnels ou non), le fait que la maladie survienne tardivement après l’exposition, le patient étant souvent à la retraite, le fait aussi que quand la maladie est diagnostiquée, on se préoccupe plutôt du traitement que de l’étiologie.
Il faut mener un interrogatoire poussé malgré les nombreuses difficultés : des expositions anciennes à des produits pas toujours identifiés, et sans réelle notion de dose ou de durée mais sans oublier qu’un ouvrier du BTP sur 3 est exposé à des agents cancérogènes et que les substances sont multiples et les processus complexes.
Il est possible d’utiliser les matrices emploi exposition (MEE) de l’InVS qui déterminent en fonction du métier exercé la probabilité d’avoir utilisé tel type de produit à telle concentration, mais il faut tout de même documenter la nature de l’exposition (chimique, biologique, mécanique..) et se référer aux classifications existantes pour les produits cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction : le site Internet www.cancer-environnement.fr en propose une synthèse.
Aujourd’hui, tout salarié doit se voir remettre une fiche récapitulative de ses expositions professionnelles en fin de carrière ou lorsqu’il change d’entreprise ; une loi de janvier 2012 a rendu la fiche de traçabilité des expositions obligatoire.
(publié le 10 décembre 2013)