Prévenir les allergies professionnelles : des solutions existent

Dossier coordonné par G. Hédelin Hygiène et sécurité du travail, 2013, n°233, pp. 19-38. Bibliographie
Ce dossier concerne tous les médecins du travail car les allergies professionnelles comptent parmi les maladies professionnelles les plus fréquentes du fait d’un nombre important de substances et d’organismes sensibilisants présents en milieu de travail.
Ces allergies professionnelles sont essentiellement respiratoires (rhinite, asthme, pneumopathie d’hypersensibilité) et cutanées (dermatite de contact allergique, urticaire de contact allergique, urticaire de contact et dermatite de contact aux protéines).
Les données permettant de quantifier la fréquence des pathologies respiratoires en relation avec le travail proviennent de deux types de sources : les systèmes de surveillance nationaux et les bases enregistrant les cas donnant lieu à compensation. Certains de ces systèmes permettent également de quantifier la fréquence des dermatites de contact professionnelles.
De très nombreux secteurs professionnels sont touchés, mais de manière variable. L’asthme professionnel diminue depuis 10 ans, sauf dans le secteur des soins où il augmente ; de même, les dermatites de contact diminueraient dans le secteur de la construction mais augmenteraient dans le secteur sanitaire et social.
Les manifestations et mécanismes physiologiques mis en jeu dans les différents types d’allergies professionnelles sont détaillés.
En raison du nombre très important d’adultes sensibilisés à un allergène de contact, différentes méthodes ont été validées par les institutions européennes pour évaluer le potentiel sensibilisant des produits chimiques mettant en œuvre des méthodes in vivo chez le cobaye ou chez la souris ; mais leurs inconvénients obligent à développer des tests in vitro ou in chemico . Certains se révèlent prometteurs et susceptibles de remplacer les tests réalisés sur l’animal tout en maintenant le même degré de prédictibilité du pouvoir sensibilisant des produits chimiques.
La mesure des expositions professionnelles aux moisissures repose sur des méthodes permettant de compter les cellules fongiques. Ces méthodes donnent une estimation des expositions qui est utile à la prévention des risques biologiques. Pour autant, elles ne permettent pas de mesurer directement les allergènes responsables du déclenchement des symptômes et du développement des maladies, ce qui contribuerait à une meilleure évaluation des risques. Cela nécessite de disposer de méthodes de mesurage validées et standardisées, aujourd’hui encore peu développées.
Un axe de prévention est ensuite présenté : celui d’une méthode d’évaluation de l’émissivité de machines en poussières de farine.
(publié le 27 mars 2014)