Situation professionnelle à risque de dermatite de contact : données récentes issues du RNV3P

L. Bensefa-Colas Le Concours Médical, 2016, n°5, pp. 402-404

Le réseau RNV3P (Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles) centralise les informations recueilles en France dans 32 centres de consultations de pathologies professionnelles.
Près de 6 000 cas de dermatites de contact professionnelles ont été notifiés entre 2011 et 2010, touchant principalement les femmes, plutôt jeunes.
Les secteurs les plus concernés sont la santé et l’action sociale, les services personnels (la coiffure principalement), la construction et diverses industries manufacturières concernant majoritairement les hommes.
Les allergènes sont multiples (additifs du caoutchouc, métaux, allergènes présents dans les détergents, biocides, désinfectants et antiseptiques, matières plastiques).
Les dermatites irritatives sont en lien avec le travail en milieu humide, les détergents, les désinfectants et antiseptiques, les acides et bases, les solvants, les huiles et fluides de coupe....
Les urticaires de contact et les dermatites de contact impliquent les protéines d’origine animale ou végétale et plus rarement les substances chimiques de bas poids moléculaire.
Ces dernières années, on note une augmentation significative des dermatites de contact professionnelles dans les secteurs de la santé et de l’action sociale, de la coiffure et de la construction et une augmentation des cas liés aux isothiazolinones quel que soit le secteur.

Des mesures réglementaires et des politiques volontaristes ont déjà apporté des résultats probants :

  • réduction du chrome hexavalent dans le ciment, s’accompagnant d’une réduction de moitié des dermatites allergiques de contact (sans toutefois réduire les dermatites irritatives de contact liées au caractère basique fortement irritant des ciments) ;
  • substitution des gants en latex dans le secteur de soins entraînant une réduction significative de la fréquence des urticaires de contact liées au caoutchouc naturel ;
  • généralisation des solutions hydro-alcooliques pour la désinfection des mains en milieu de soins, réduisant les dermatites irritatives de contact.

La prévention est technique :

  • limitation de l’exposition cutanée directe ou aéroportée aux allergènes (éviction, substitution, confinement, automatisation des tâches),
  • port de gants, mais susceptibles d’être eux-mêmes pourvoyeurs d’eczémas et d’aggravation d’une dermatose préexistante,
  • hygiène rigoureuse des mains,
  • application régulière répétée de crèmes émollientes.

Elle est aussi médicale :
Le dépistage précoce de la dermatite de contact professionnelle représente un enjeu capital dans la lutte contre le risque de désinsertion professionnelle et l’aide au maintien dans l’emploi.

Certaines dermatites sont reconnues au titre des maladies professionnelles et indemnisées.
L’orientation vers un centre de consultation de pathologies professionnelles est d’un intérêt majeur tant pour le diagnostic étiologique de la maladie que pour l’aide à la déclaration et au reclassement éventuel.

(publié le 3 octobre 2016)