BPCO d’origine professionnelle

P. Andujar La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2017, vol.31, n° 963, pp. 472-473. Références

5% de la population française de plus de 40 ans est victime de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), ce qui correspond à 3,5 millions de personnes. Le tabagisme est la cause principale, mais les expositions professionnelles sont impliquées dans 15% des cas.

Les secteurs ou les activités à risque avéré sont :

  • "pour le secteur industriel : mines, cokeries, sidérurgie/fonderies, industrie textile (coton, jute, sisal, chanvre et soie), bâtiment et travaux publics (surtout tunneliers et asphalteurs) ;
  • pour le milieu agricole : production céréalière (surtout ouvriers des silos à grains), production laitière et élevage en milieu confiné (porcs et volailles).

Les secteurs possiblement à risque sont :

  • industries de fabrication de matières plastiques, caoutchouc, céramique, faïence, poterie, verre ; de production de certaines fibres minérales artificielles (fibres céramiques), bois et pâte à papier, cimenteries, etc."

La reconnaissance en maladie professionnelle (MP) est possible mais seulement si l’affection figure dans l’un des tableaux. Dans le rapport Diricq de 2011, le nombre de cas annuels de BPCO d’origine professionnelle serait estimé entre 75 000 et 112 500, alors que la reconnaissance en MP ne concerne que quelques dizaines de patients par an, tous régimes de protection sociale confondus.
La reconnaissance en MP est difficile à obtenir en raison du nombre limité de tableaux mais aussi de critères très restrictifs, dont l’exigence d’une baisse du VEMS d’au moins 30 à 40% de la valeur théorique.

En cas de non-respect de certains critères d’un tableau de MP ou bien en cas de maladie "hors tableau de MP", le salarié ou ses ayants droit peuvent sous certaines conditions, recourir au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, mais la preuve de la relation causale devra alors être apportée.
Les médecins ont la possibilité de demander un avis d’expert auprès d’un centre de consultation de pathologie professionnelle.

(publié le 13 juillet 2017)