BPCO, la dépister le plus tôt possible

C. Barruyer Prévention BTP, 2020, n°245, pp. 40-42.

L’APST-BTP-RP a fait bénéficier 4464 salariés du BTP oeuvrant en région parisienne, d’une spirométrie réalisée par les équipes disciplinaires des services de santé au travail du BTP, dans le cadre d’une grande étude sur la broncho-pneumopathie chronique obstructive, menée en collaboration avec le CHI de Créteil.
L’objectif était d’évaluer la prévalence de cette affection dans le secteur du BTP et d’identifier les métiers les plus touchés.
70% des salariés chez qui a été porté le diagnostic de BPCO ne se plaignaient d’aucun symptôme. Ceux qui présentaient dyspnée, toux ou bronchite chronique y voyaient l’effet du tabagisme. En effet, la maladie ne devient symptomatique que lorsque l’amputation de la fonction respiratoire atteint 30%.
Si 80% des cas sont liés au tabac, 15% seraient attribuables à des facteurs professionnels.
Les métiers identifiés à risque sont les tailleurs de pierre, les polisseurs, les marbriers, les couvreurs et les peintres.
Ont été incriminés les poussières de ciment et de silice, les poussières de bois, mais aussi l’usinage des métaux et les fumées de soudage
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La prévention repose sur l’éviction des polluants identifiés, la modification des process pour réduire les émissions de poussières et de fumées, l’aménagement des postes de travail, la sensibilisation des équipes aux risques du tabac et à la synergie entre polluants professionnels et tabac.

Le dépistage précoce est essentiel et les équipes de santé au travail doivent se mobiliser particulièrement sur ce sujet. Car une fois la maladie installée, elle n’est guère réversible mais doit cependant être prise en charge par des spécialistes pour ralentir sa progression, soulager les symptômes et mettre en place une prévention adaptée (vaccination anti-grippe, anti-pneumocoque...).

(publié le 9 février 2021)