BPCO : pensez aussi aux causes professionnelles

G. Peiffer, M. Underner, J. Perriot, J-C. Dalphin La Revue du Praticien, 2018, vol. 68, n°1, pp. 74-78. Références

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire chronique définie par une obstruction permanente et progressive des voies aériennes. Le diagnostic est confirmé par la spirométrie qui révèle une rapport VEMS (volume expiratoire maximal à la première seconde) /CVF (capacité vitale forcée) inférieur à 0,70 qui persiste après prise de bronchodilatateurs.
Le tabagisme est une cause majeure de BPCO et les facteurs professionnels sont souvent négligés en cas de tabagisme associé, d’autant qu’il n’existe aucun signe permettant de différencier la BPCO post-tabagique de la BPCO professionnelle.
Selon les experts de l’American Thoracic Society, la fraction des BPCO attribuables à des facteurs professionnels est estimée autour de 15%, à partir d’études en population générale. Mais il existe un effet additif entre l’exposition professionnelle et le tabagisme.

Les secteurs professionnels les mieux étudiés sont

  • le secteur minier (exposition à la silice et au quartz),
  • le bâtiment et les travaux publics
    • les asphalteurs exposés aux fumées de bitume et aux gaz d’échappement des moteurs diesels et
    • les tunneliers exposés aux poussières respirables et à la silice,
  • la fonderie et la sidérurgie,
  • l’industrie textile (inhalation de fibres de coton, voire d’endotoxines)
  • et le milieu agricole
    • chez les ouvriers de silos à grains (exposés aux poussières de céréales et d’endotoxines),
    • chez les producteurs de lait travaillant dans les fermes traditionnelles anciennes,
    • ou chez les éleveurs de porcs et à moindre degré chez les éleveurs de volailles,
  • en cas d’exposition aux pesticides.

La BPCO peut être réparée sous certaines conditions au titre des tableaux de maladies professionnelles ou par l’intermédiaire du système complémentaire de réparation des maladies professionnelles, fondé sur des preuves nécessitant un lien direct entre la nuisance professionnelle incriminée et la pathologie.
Moins de 50 cas de BPCO professionnelles ont été reconnus au cours des 10 dernières années (régime général de la Sécurité sociale, régime agricole et régime minier confondus), alors que les estimations faisaient état en 2008, de 51000 à 76500 cas.
La prévention des BPCO repose sur la réduction ou la suppression des pollutions de l’environnement professionnel d’autant que l’existence d’une relation dose/réponse a été démontrée.
Un suivi médical régulier doit être institué (recherche de symptômes respiratoires, spirométries répétées).
En cas de nouveau diagnostic de BPCO, les professionnels de santé doivent systématiquement rechercher une origine professionnelle en s’appuyant sur le curriculum laboris du patient.

(publié le 23 février 2018)