Dermatite allergique de contact

D. Tennstedt, A. Herman, M. Baeck Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Dermatologie, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2018, vol. 13, n°4, 98-145-A-10, 22 pp. Références

La dermatite atopique de contact ou "eczéma de contact allergique" est une réaction eczémateuse caractérisée par des lésions typiques : érythème, socle oedemateux, lésions vésiculeuses pouvant évoluer en bulles. Le prurit est intense.
La réaction allergique ne survient pas toujours dès le premier contact.
La réaction allergique suppose une pénétration de la substance à travers la couche cornée de l’épiderme, une phase de sensibilisation, une phase de révélation.
Il existe des réactions croisées intéressantes à connaître, car permettant de prédire des réactions vis-à-vis des substances apparemment différentes.
La prévalence de l’allergie dans la population générale varierait entre 2 et 10% de la population.

Le diagnostic clinique doit impérativement faire appel à deux critères : l’anamnèse et la réalisation de tests épicutanés qui visent à identifier l’allergène responsable, en utilisant au minimum la batterie européenne standard et ensuite, selon les cas, à utiliser d’autres tests : "topiques médicamenteux, cosmétiques, produits chimiques manipulés par le patient, produits chimiques de l’environnement, objets divers de le vie quotidienne",.. auxquels on ajoute "les batteries complémentaires en fonction de la profession, de la topographie de la dermatite et des résultats de la batterie standard".
Au delà de la lecture des tests, "la recherche de la pertinence ancienne ou actuelle des résultats reste l’étape essentielle et incontournable afin de poser un diagnostic de probabilité (ou de certitude).
"La négativité des tests ne permet pas toujours d’éliminer la possibilité d’une dermatite allergique de contact."
L’examen anatomopathologique pas plus que le diagnostic biologique ne sont contributifs dans le diagnostic de cette pathologie.
Cet article passe en revue tous les produits de la batterie standard, et les batteries de tests complémentaires.
On trouvera dans cet article une mine d’informations : approche de l’eczéma en fonction de sa topographie, allergies de contact se présentant autrement que par un eczéma.
Le traitement de ces dermatites repose sur l’éviction (phase essentielle et incontournable). Il n’existe aucune possibilité de désensibilisation. Mais le traitement primordial de la phase aiguë reste la corticothérapie locale, (bien que cette thérapie puisse elle-même être génératrice d’eczéma de contact allergique) et en complément, des corticostéroïdes par voie systémique dans certaines formes généralisées et sévères.
"Il est classique de recommander les préparations contenant de l’acide salicylique en cas de forme chronique". Les corticostéroïdes au long cours doivent être évités.
La prévention est primordiale et sera "multidisciplinaire, incluant des mesures de prévention primaire, secondaire et ternaire".

(publié le 27 mars 2019)