Dermatite de contact aux protéines

M-N. Crépy Références en Santé au Travail, 2017, n°152, pp. 131-142. Bibliographie

Les professions concernées par les dermatites de contact aux protéines (DCP) sont essentiellement les métiers de la restauration et de l’alimentation, les métiers en contact avec les animaux et plus rarement les personnels de santé, les métiers de l’esthétique, les fleuristes et les coiffeurs.

L’atopie est un des principaux facteurs de risque chez le personnel de l’alimentation (retrouvé dans plus de la moitié des DCP).
La DCP se caractérise par un eczéma chronique ou récurrent (lésions érythémato-squameuses, plus ou moins vésiculeuses) avec prurit et parfois exacerbations aiguës quelques minutes après le contact.
Les mains et les avant-bras sont les principales localisations ; mais quand l’allergène est volatil, le visage est les zones découvertes peuvent être atteints et des symptômes respiratoires et oculaires peuvent survenir.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’anamnèse et le bilan allergologique. Il doit être confirmé par des prick-tests et/ou la recherche d’IgE spécifiques.
Le pronostic de la DCP est péjoratif. Cette dermatose induit des arrêts de travail fréquents et peut contraindre au changement d’emploi.

La prévention sera collective : réduction de l’exposition aux irritants (substitution des irritants puissants, automatisation de certains procédés, ventilation générale des locaux, aspiration aux postes de travail, nettoyage régulier des postes de travail, information des salariés, formation aux règles d’hygiène habituelle et aux bonnes pratiques de lavage).
Elle sera individuelle : équipement de protection individuelle, lavage des mains à l’eau tiède, utilisation d’émollients sur les mains avant pendant et après le travail, usage de désinfectants adaptés.
Elle sera aussi médicale : information aux sujets atopiques et surveillance médicale régulière.

La fréquence de ces dermatites est sous-estimée.

En ce qui concerne la réparation, il n’existe pas de tableau spécifique pour les DCP. Par contre, certaines dermatoses peuvent être prises en charge au titre de divers tableaux du régime général ou du régime agricole.

(publié le 9 février 2018)