Tumeurs du SNC : expositions professionnelles suspectées ou avérées

I. Baldi Le Concours Médical, 2019, n°8, pp. 36-38. Références.

Ce n’est que dans les années 1950 que la preuve a été faite que l’exposition aux rayons X à faible dose pouvait endommager le système nerveux central, SNC, (à partir d’observations chez des personnes traitées dans l’enfance par radiothérapie pour la teigne, ou plus tard chez des personnes ayant reçu des doses importantes de rayonnements lors de panoramiques dentaires dans les années 1940, et chez les survivants des bombes atomiques de Hiroshima et de Nagasaki).
Les rayonnements ionisants, que les expositions soient professionnelles ou médicales, sont classés cancérogènes certains (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Les rayonnements non ionisants sont aussi sujets à controverses en raison de la contribution potentielle des champs électromagnétiques au développement de certains cancers.
Dès la fin des années 1970, les champs de fréquences extrêmement basses résultant des lignes électriques ont été évoqués dans la survenue de leucémies de l’enfant, mais les études épidémiologiques n’ont pu démonter un lien ou identifier les mécanismes. Le CIRC les a classés en cancérogènes possibles (groupe 2B).
Par ailleurs, des associations positives ont été trouvées entre les radiofréquences induites par les téléphones portables et les gliomes et les neurinomes de l’acoustique mais le niveau de preuve reste insuffisant pour les autres cancers (classement du CIRC en 2B).

Le rôle des pesticides dans la genèse des cancers est encore un peu flou.
En plus des études cas-témoins qui identifiaient des liens entre des pesticides spécifiques et des effets pervers, les méta-analyses réalisées concluent globalement à une élévation du risque de cancer de l’ordre de 15% chez les personnes exposées aux pesticides. En raison d’études peu convergentes, "une expertise collective de l’Inserm a considéré en 2013 que le niveau de preuve entre l’exposition aux pesticides dans les populations agricoles et les tumeurs cérébrales restait limité en l’état actuel des connaissances ".

D’autres expositions professionnelles sont pointées du doigt : les dérivés N-nitrosés présents dans un grand nombre de produits agroalimentaires, pharmaceutiques, en cosmétique, industrie du caoutchouc et des solvants .... . Il existe un tableau de maladies professionnelles concernant quatre de ces dérives N-nitrosés.
Sont également incriminés comme facteurs de risque de tumeurs du SNC, le plomb inorganique, les dérivés pétroliers, mais pour chacune de ces expositions, le nombre d’études est insuffisant pour conclure à un risque avéré.
Sont concernés les agriculteurs, les travailleurs de l’industrie du caoutchouc, les pompiers, les chercheurs en laboratoire.

(publié le 22 janvier 2020)