La psittacose : évolution actuelle, surveillance et investigations en France

E. Belchior, K. Laroucau, B. de Barbeyrac BEH, Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2010, N° hors -série, 14 septembre, pp.12-15. Bibliographie.

La psittacose, ou ornithose ou chlamydiose aviaire est une zoonose bactérienne à Chlamydophila psittaci.
L’homme contracte la maladie auprès d’oiseaux infectés par contact direct ou inhalation de poussières contaminées. Si la maladie est le plus souvent bénigne, elle peut être grave avec des pneumopathies atypiques sévères voire mortelles si un traitement antibiotique (par cyclines, macrolides ou quinolones) n’est pas rapidement institué.
Les professions les plus exposées sont les éleveurs, les personnels d’abattoirs, les vétérinaires. La psittacose est une maladie professionnelle (MP) indemnisable, mais les cas décrits sont peu nombreux : 16 MP reconnues par la Mutualité sociale agricole (MSA) entre 1990 et 999 et 39 par le régime général entre 1989 et 2001.
Devant le manque de données concernant cette maladie, une étude descriptive et prospective a été mise en place dans 17 départements du Sud-ouest et de l’Ouest de la France de 2008 à 2009 afin d’étudier l’incidence des cas hospitalisés, de détecter les cas groupés et d’évaluer la pertinence de la mise en place d’une surveillance de cette maladie. Après 18 mois d’étude, 99 cas suspects de psittacose ont été inclus dans l’étude, dont 72% en Pays-de-la-Loire, 12% en Aquitaine, 8% en Limousin et 8% en Bretagne. Seuls 23 cas avaient une psittacose confirmée. Les oiseaux incriminés dans les foyers épidémiques en milieu professionel étaient des poulets, des pigeons, mais surtout des canards mulards destinés à la production de foie gras.
L’étude a montré l’importance de la surveillance conjointe des cas animaux et humains. En effet, la détection des cas humains permet dans la majorité des situations, de détecter l’infection animale, le plus souvent latente.
La prévention repose sur des mesures collectives complétées par des mesures individuelles :

  • information des personnes exposées,
  • campagnes de sensibilisation sur le risque de psittacose en direction des médecins du travail et des médecins généralistes exerçant dans les zones les plus exposées,
  • mise en place rapide d’investigations vétérinaires pour documenter l’infection animale et faire le lien avec les cas humains,
  • aménagement des postes de travail et des locaux dans les entreprises afin d’éviter la contamination par l’air ambiant,
  • port de masques et de gants lors du contact avec les oiseaux, leurs plumes et fientes puis lavage des mains.
(publié le 9 novembre 2010)