La violence sur le lieu de travail augmente le risque de douleurs musculosquelettiques chez les auxiliaires de vie des établissements de soins de moyen et long séjour.

Violence at workplace increases the risk of musculoskeletal pain among nursing home workers H Miranda, L Punett, R gore, J Boyer Occupational and environmental Medicine, 2011, vol 68, n°1, pages 52-57. Bibliographie.

Malgré les prévalences élevées de violence sur le lieu de travail et de troubles musculosquelettiques chez les travailleurs du milieu de soins, très peu d’enquêtes ont étudié la relation entre ces deux phénomènes. Les auteurs de Nouvelle Angleterre (USA) ont étudié, en 2006, 920 travailleurs du milieu de soins au moyen d’un questionnaire portant sur la douleur musculosquelettique lombaire, des épaules, des poignets ou des mains, et des genoux. Des informations ont aussi été recueillies sur l’exposition aux agressions physiques au travail au cours des 3 derniers mois, sur d’autres aspects de la sécurité au travail, la charge physique de travail et l’environnement psychosocial professionnel. Une régression logistique binominale a été utilisée pour estimer les ratios de prévalence (RP) avec un intervalle de confiance à 95% (IC 95%).

Presque la moitié des répondants signalait avoir été victime d’au moins une agression au cours des 3 mois précédents par un résident ou un visiteur d’un résident. La prévalence de lombalgie a augmenté de 40% chez les travailleurs non agressés à 70% chez ceux agressés trois fois ou plus. Le risque le plus élevé a été trouvé pour une douleur généralisée (trois localisations ou davantage), avec un RP ajusté de 2,7 (IC95% 1,8 à 3,9) pour les travailleurs agressés trois fois ou plus. De bonnes mesures de sécurité au travail amortissaient les effets, de sorte que la violence augmentait le risque de davantage de douleurs considérablement moins dans un environnement de travail perçu comme sécurisé.

En conclusion, à la connaissance des auteurs, cette enquête est la première à montrer une association dose-réponse entre les agressions physiques et les douleurs musculosquelettiques dans un établissement de soins où la violence est de survenue fréquente. Ceci renforce la nécessité de considérer la violence au travail comme un risque professionnel au travers de mesures pratiques tant pour la prévention que pour la recherche étiologique future sur les troubles musculosquelettiques.

(publié le 19 septembre 2011)