Signes d’appel des cancers des voies aérodigestives supérieures

Y. Pons, A. Luft, C. Conessa La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2011, vo.61, n°9, pp.1199-1206. Bibliographie
Les cancers des voies aérodigestives supérieures se situent au 4e rang des cancers les plus fréquents chez l’homme après les cancers de la prostate, du poumon et les cancers colorectaux, et au 14e rang chez la femme.
Les carcinomes épidermoïdes sont attribués à l’intoxication alcoolo-tabagique dans deux tiers des cas et aux infections par des papillomavirus humains (HPV) dans le tiers restant ; le mauvais état dentaire semblant jouer le rôle de co-facteur dans la genèse de ces cancers.
D’autres facteurs de risque sont signalés : la chique de bétel, l’alimentation pauvre en vitamine A, B ou D, des facteurs génétiques.
Dans le cas de carcinomes de l’ethmoïde, l’association à des expositions professionnelles est incontestable. Il en est ainsi de l’exposition au bois (et notamment aux poussières de bois dur ainsi qu’à l’utilisation de colles dans certains travaux du bois), de l’exposition au nickel (les agents pathogènes étant les oxydes et sels de nickel, et le nickel-carbonyl), de l’exposition aux tanins dans l’industrie de la chaussure, ou de l’exposition au chrome.
Le carcinome indifférencié de type nasopharyngé du rhinopharynx présente une incidence élevée dans les zones endémiques des pays du Maghreb qui contraste avec l’incidence faible des pays européens et anglo-saxons. Interviennent probablement le virus d’Epstein-Barr, des facteurs alimentaires et des facteurs héréditaires.
Les signes d’appel des cancers des voies aérodigestives supérieures sont peu spécifiques : douleur, dysphagie, dysphonie, dyspnée, altération de l’état général. C’est leur terrain de survenue et leur caractère fixe dans le temps et dans la localisation qui doit alerter. Un diagnostic précoce est le meilleur garant d’une chance de survie meilleure et d’un traitement moins mutilant. Face à des signes non spécifiques et un terrain à risque, il est prudent d’orienter rapidement vers le médecin traitant qui proposera une consultation spécialisée.
(publié le 8 février 2012)