Amiante : des méfaits mieux connus

P. Letonturier La Presse Médicale, 2008, Vol.37, N°9, pages 1353-1354. Bibliographie

Le mésothéliome pleural est en train de devenir un véritable problème de santé publique. « En France, l’incidence annuelle augmente régulièrement de 4,7% chez l’homme, de 6,8% chez la femme avec un doublement prévu et un pic en 2025 ». Le mésothéliome se développe environ 30 ans après le début de l’exposition chez des travailleurs ayant été exposés à l’amiante. Il est habituellement révélé par une pleurésie. La radiographie thoracique objective un épanchement pleural liquidien. La tomodensitométrie thoracique plus sensible montre classiquement des épanchements pleuraux nodulaires associés à des épanchements liquidiens. La thoracoscopie permet de confirmer le diagnostic dans près de 100% des cas. Le mésothéliome pleural malin reste encore incurable et dans la majorité des cas, le pronostic est sombre : survie médiane entre 4 et 12 mois. L’évolution se fait de proche en proche vers la paroi, le diaphragme, le médiastin. Un envahissement ganglionnaire existe dans 25% des cas. Le bilan d’extension en l’absence de signes cliniques d’appel se limite à une tomodensitométrie thoracique et abdomino-pelvienne.

Beaucoup plus fréquentes et beaucoup moins dramatiques, les affections non malignes liées à l’exposition à l’amiante sont représentées par les plaques pleurales pariétales, les pleurésies bénignes, les épaississements pleuraux. Les plaques pleurales qui n’adhèrent pas à la plèvre viscérale se calcifient secondairement et épargnent les sommets et les sinus costo diaphragmatiques. Elles sont habituellement asymptomatiques et n’affectent pas les épreuves fonctionnelles respiratoires. Les épaississements pleuraux viscéraux peuvent être à l’origine de syndromes fonctionnels restrictifs et de douleurs pleurales. L’asbestose se manifeste par une dyspnée d’effort puis de repos et de râles crépitants. La tomodensitométrie thoracique est beaucoup plus sensible que la radiographie pulmonaire pour établir le diagnostic. « Les critères diagnostiques d’asbestose sont triples : existence d’anomalies en imagerie ou par histologie,..... d’anomalies compatibles avec ce diagnostic, confirmation d’une exposition à l’amiante,.... absence de toute autre étiologie plausible ».

Mais « le vrai problème de l’asbestose est celui de ses relations possibles avec le cancer bronchique... Si la nature de la relation entre ces deux maladies n’est pas réellement précisée, il est sûr que l’asbestose, surtout lorsqu’il s’agit de formes évolutives, majore le risque de cancer bronchique ».

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(publié le 6 janvier 2009)