Amiante, la bombe à retardement

B. Gatin Le Généraliste, 2015, n°2712, pp. 15-16
Si l’abandon de l’amiante en 1996 avait laissé espérer un tassement progressif des problèmes pour les années 2000, il n’en est rien et les affections qui lui sont imputables vont encore être observées pendant plusieurs décennies, compte tenu des temps de latence très longs entre l’exposition et ses conséquences : et les experts s’accordent pour dire que le pic d’incidence des affections liées à l’amiante pourrait ne pas être atteint avant 2020, voire 2030.
Outre les cas de mésothéliomes, il faut aussi compter avec les cas de cancers bronchopulmonaires dans un ratio de 2 pour 1.
En outre, de nouveaux sites de cancers en lien avec une exposition professionnelle à l’amiante ont été notifiés, à savoir le larynx et l’ovaire. Divers cancers digestifs sont aussi suspectés.
De plus, les expositions surtout celles des artisans ont été largement sous-estimées et perdurent de surcroît (car beaucoup de matériaux comportant de l’amiante sont encore en place).
De nombreux corps de métiers ne sont pas toujours au fait des risques qu’ils encourent ou des moyens de protection à mettre en place. Une campagne de mesure des fibres d’amiante réalisée en milieu professionnel entre 2009 et 2010 par le ministère du travail, avait mis en évidence des niveaux d’empoussièrement d’une ampleur inattendue pour certains matériaux.
Dans ce contexte, 18 000 à 25 000 personnes pourraient mourir d’un cancer dû à l’amiante d’ici à 2030.
(publié le 11 mai 2015)