L’excès de bruit altère la fonction auditive.
Quels sont les symptômes ?

R. Dauman Le Concours Médical, 2008, vol.30, n°16, p.827-838. Bibliographie

« L’excès de bruit peut se définir comme étant celui qui risque d’endommager les organes de l’audition ou d’en altérer la fonction ». Le risque est éminemment variable d’un individu à l’autre, ce qui rend impossible la protection absolue de tous les individus travaillant dans le bruit. « Les paramètres habituellement choisis pour protéger les personnes exposées professionnellement au bruit limitent le risque d’altération auditive à 5% des individus exposés ». L’altération de la fonction auditive se mesure par audiométrie tonale, (« qui fournit un moyen relativement simple de distinguer les effets du bruit professionnel et ceux du vieillissement auditif ») mais aussi par oto-émissions acoustiques OEA, (« qui représentent des sons de faible amplitude engendrés par l’oreille interne et mesurés dans le conduit auditif externe à l’aide d’un microphone très sensible contenu dans une sonde ») ou par audiométrie vocale, (où il est demandé au sujet de répéter en cabine insonorisée les mots compris). « L’excès de bruit endommage les cellules sensorielles de la cochlée, avec une très forte prédilection initiale pour les cellules ciliées externes ». Une autre hypothèse physiopathologique est celle d’une médiation métabolique par les radicaux libres oxygénés qui déclencheraient l’apoptose des cellules ciliées externes par l’intermédiaire d’une cascade d’évènements. Par ailleurs, des changements auditifs centraux consécutifs au dommage périphérique paraissent jouer un rôle majeur dans les acouphènes et l’hyperacousie causés par l’excès de bruit. Différents types de traumatismes sonores sont décrits : le traumatisme acoustique aigu, le blast (qui provoque la rupture tympanique), le traumatisme sonore aigu (souvent réversible), le traumatisme sonore chronique induisant une surdité irréversible. La déficience auditive chronique, irréversible, se traduit par une surdité de perception avec acouphènes, accompagnée fréquemment d’une hyperacousie du moins durant les premiers mois. L’audiogramme montre une encoche entre 3 000 et 6 000 Hz qui s’étend à la zone 1 000-2 000 Hz si l’exposition au bruit excessif se poursuit. La meilleure attitude pour protéger des effets du bruit reste la prévention qui nécessite la compréhension des enjeux par tous et le respect de la règlementation.

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(publié le 17 février 2009)