Pathologies liées à l’amiante
Prise en charge médico-sociale

J. Ameille La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2011, vol. 25, n° 856, pp.143-145. Bibliographie
Les pathologies liées à l’amiante sont les plaques pleurales (les plus fréquentes), mais aussi la fibrose de la plèvre viscérale (non spécifique de l’amiante), l’asbestose (survenant après des expositions importantes), le mésothéliome pleural (une exposition professionnelle est responsable de 83,2% des cas chez l’homme et de 38,4% chez la femme), les cancers broncho-pulmonaires (CBP).
Les plaques pleurales sont associées à un risque accru de CBP et de mésothéliome.
Depuis 2009, il est admis un lien de causalité entre exposition à l’amiante et cancers du larynx et de l’ovaire.
L’asbestose, les lésions pleurales bénignes, les mésothéliomes et les CBP associés ou non à des affections pleurales ou pulmonaires bénignes sont indemnisés en France au titre de la prise en charge en maladie professionnelle (MP).
Plusieurs tableaux du régime général de la sécurité sociale et du régime agricole sont concernés. Les délais de prise en charge, les durées minimales d’exposition au risque sont variables selon les pathologies considérées.
En maladie professionnelle, les soins sont pris en charge à 100% mais seules les séquelles fonctionnelles sont indemnisées en fonction du taux d’incapacité permanente partielle (IPP) fixé à la consolidation par le médecin-conseil.
6 655 cas de MP liées à l’amiante ont été reconnus dans le régime général de la Sécurité sociale en 2005. Les affections en cause sont par ordre de fréquence, les plaques et épaississements pleuraux (65% des cas), les cancers (mésothéliomes et CBP), 26%, et loin derrière l’asbestose (7%).
Les personnes reconnues en MP (tableaux 30 et 30 bis du régime général) et les sujets non malades ayant travaillé dans un des établissements figurant sur des listes fixées par arrêté interministériel peuvent bénéficier d’une préretraite. Depuis 2003, les salariés agricoles bénéficient de ce même avantage.
Le FIVA (fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante) accorde une indemnisation complémentaire aux personnes ayant une MP reconnue, sur la base du principe de réparation intégrale. Il peut aussi indemniser des pathologies consécutives à l’inhalation d’amiante survenant chez les artisans ou professions libérales, ainsi que des pathologies environnementales.
La reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur par le tribunal des affaires de sécurité sociale permet une indemnisation complémentaire. "La faute inexcusable est désormais retenue dès lors que l’employeur avait, ou aurait dû, avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et n’a pas pris les mesures nécessaire pour l’en préserver".
Si la surveillance médicale est assurée pendant la vie professionnelle par le médecin du travail, toute personne retraitée, inactive ou demandeur d’emploi qui a été exposée peut bénéficier tous les 2 ans d’un bilan médical.
Enfin, des recommandations récentes sous l’égide de la Haute Autorité de Santé (HAS) préconisent la mise en place d’une surveillance post professionnelle spécifique reposant sur l’examen tomodensitométrique thoracique.
(publié le 2 mai 2011)