Traumatismes de la tête et maladie de Parkinson dans une étude cas-témoins
Head injuries and Parkinson’s disease in a case-control study

M.A. Harris, H. Shen, S. Marion, J. Tsui, K. Teschke Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°12, pages 839-844. Bibliographie.

Les traumatismes de la tête représentent un hypothétique facteur de risque de maladie de Parkinson, mais il existe une méconnaissance concernant l’effet potentiel des circonstances du traumatisme, en particulier professionnelles. L’objectif de cette enquête canadienne est d’évoquer la problématique en abordant les biais de mémorisation et les possibilités causales en relation avec des symptômes pré-cliniques. Pour cela, il a été mené une étude cas-témoins de maladie de Parkinson dans l’état de Colombie britannique au Canada (403 cas, 405 témoins). Des questions ont été posées sur les antécédents de traumatisme, en particulier survenus dans le milieu professionnel, lors d’un accident de la route ou pendant l’activité sportive. Il a été, par ailleurs, demandé aux participants leur avis sur les causes de leur maladie pour fournir ainsi un indicateur d’un potentiel biais de mémoire. Des associations ont été estimées avec une régression logistique, ajustée sur l’âge, le sexe, et le tabagisme. Les résultats ont montré des associations fortes entre des traumatismes engendrant une commotion cérébrale (OR : 2,08 ; IC 95 % de 1,30 à 3,33) ; une perte de connaissance (OR : 2,64 ; IC 95 % de 1,39 à 5,03). Les effets persistants du traumatisme, survenus longtemps avant le diagnostic, et après ajustement sur la suspicion de traumatisme cérébral, sont une cause de maladie de Parkinson. Les traumatismes ayant eu lieu dans le cadre professionnel étaient systématiquement associés avec des OR forts, même si de faibles effectifs rendaient les estimations non statistiquement significatives.

Cette étude suggère un lien entre traumatisme de la tête et maladie de Parkinson et évoque la nécessité d’études approfondies sur le lieu de travail, des évènements provoquant ce type de traumatisme.

(publié le 30 janvier 2014)