Amiante : la recherche se poursuit

C. Barruyer Prévention BTP, 2017, n°209, pp. 44-46

Outre les pathologies broncho-pulmonaires bien connues liées à l’exposition à l’amiante, d’autres pathologies cancéreuses sont désormais considérées comme liées à l’amiante : le cancer du larynx et le cancer de l’ovaire. Une interrogation planait sur le cancer de l’estomac, du côlon, et du rectum jusqu’à ce qu’une publication du Professeur Christophe Paris mette clairement en évidence un risque accru de cancer colorectal chez les travailleurs de l’amiante. Cette étude a permis en outre de faire le lien entre la présence de plaques pleurales et le risque de décès par cancer broncho-pulmonaire après prise en compte du tabagisme, mais aussi d’établir le fait que la présence de plaques pleurales soit un facteur de risque de mésothéliome indépendamment des autres facteurs.

Bien que l’amiante soit interdit en France depuis 1997, il est constaté une augmentation du nombre de cas réparés qui a culminé en 2005. Cependant depuis douze ans, il y a une relative stabilité pour le tableau 30 bis et une chute importante pour le tableau 30. Pourtant l’incidence du mésothéliome n’a pas diminué entre 1998 et 2012, mais on constate une sous déclaration de cette affection en maladie professionnelle et 26 % des sujets atteints ne feraient aucune démarche de déclaration en maladie professionnelle.

Depuis 2012, la réglementation, la formation, la protection et le dépistage ont été totalement réorganisés et la place du scanner thoracique tous les 5 ou 10 ans est confirmée afin de dépister les maladies bénignes et surtout les plaques pleurales. Une expérimentation est menée afin de tester la faisabilité et l’efficacité de la réalisation d’un scanner annuel en vue du dépistage des cancers bronchiques dans des population de sujets fumeurs ou ex-fumeurs ayant été exposés à des cancérogènes respiratoires professionnels.

Mais ce n’est pas tout. Les chercheurs s’intéressent aussi à la dangerosité des fibres céramiques réfractaires classées cancérogènes probables pour l’homme par l’Union européenne ; aux fragments de clivage de roche qui peuvent contenir des fibres d’amiante, mais aussi au chrysotile (variété d’amiante) incorporé aux enrobages routiers, qui exige dès lors mesures d’empoussièrement, précautions lors des opérations de réfection des routes et port d’équipements individuels de protection.

(publié le 21 septembre 2017)