Bilan de la déclaration obligatoire des mésothéliomes 2012-2018 : une exhaustivité encore à améliorer

D. Grange, N. Bonnet, L. Chérié-Challine Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2020, n°12, pp.243-249. Références

Afin de renforcer les connaissances sur les mésothéliomes, le dispositif existant "Programme national de surveillance du mésothéliome pleural" (PNSM) est complété depuis janvier 2012 par la déclaration obligatoire (DO) des mésothéliomes (tous sites anatomiques, ensemble du territoire national).
Elle s’impose à tous les médecins pathologistes et cliniciens (pneumologues, chirurgiens, oncologues, généralistes…) exerçant en France métropolitaine ou ultramarine. Tout nouveau cas diagnostiqué doit être déclaré à l’ARS (Agence régionale de santé) du lieu d’exercice.

4 546 cas de mésothéliomes diagnostiqués entre 2012 et 2018 ont été notifiés jusqu’au 10 octobre 2019, dont 77% par un pathologiste et 55%, un clinicien. La tumeur était localisée à la plèvre (89%), au péritoine (8%) et, dans 3% des cas, à d’autres localisations. La proportion d’hommes était de 73% pour la plèvre et de 53% pour le péritoine.
Le nombre de cas notifiés a augmenté entre 2014 et 2015, puis a diminué jusqu’en 2018.
Par rapport aux données du PNSM sur les zones couvertes par ce programme, le taux d’exhaustivité de la DO était de 50%, avec une nette amélioration entre les périodes 2012-2014 (44%) et 2015-2016 (64%). Le taux d’exhaustivité a diminué en 2017 et 2018 (respectivement 47% et 45%). Il était très variable selon les régions.
Si la DO des mésothéliomes est fonctionnelle et informative, elle est encore insuffisamment exhaustive. Il est crucial de l’améliorer pour une meilleure connaissance et surveillance des mésothéliomes dans le cadre du DNSM (dispositif national de surveillance des mésothéliomes).

(publié le 12 mai 2020)