Evaluation de l’exposition des paysagistes à la silice : étude descriptive auprès des entreprises du secteur du paysage d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan

B. Bedouet, A. Guervin-Airault, N. Jagut, J. Podeur Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol.80, n°6, pp. 477-488. Références
Les paysagistes ne font plus seulement de l’entretien d’espaces verts mais réalisent également des chantiers de création qui requièrent l’utilisation de pierres naturelles ou reconstituées, ou d’autres matériaux minéraux nécessitant parfois de la découpe, tâche qui pourrait exposer les paysagistes à la silice cristalline.
Les pratiques des entreprises de paysage d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan, ont été étudiées à partir d’un questionnaire adressé aux entreprises de ce secteur affiliées à la MSA Portes de Bretagne. Des études de poste et des métrologies individuelles de poussières alvéolaires, de quartz, cristobalite et tridymite ont été réalisées.
Sur 518 questionnaires envoyés, 159 ont été retournés, soit un taux de réponse de 31%.
La pierre est utilisée par 94% des entreprises et la pierre naturelle reste le choix privilégié, principalement l’ardoise (qui contient 40% de silice), le schiste (entre 40 et 60% de silice), le granit, le grès, le quartzite, le gneiss et le calcaire.
Les pierres naturelles contiennent moins de silice que la pierre reconstituée.
Les outils principalement utilisés sont la découpeuse et la petite meuleuse.
Six études de poste ont été réalisées : les paysagistes étaient exposés à la poussière de silice non seulement lors des découpes de pierre mais aussi lors du déversement de graviers et de sable pour le terrassement et lors de la préparation de mortier.
Les entreprises privilégient la découpe à l’humide.
Les équipements de protection individuelle sont essentiellement les masques, proposés par 94% des entreprises (masques FFP1, FFP2 ou FFP3 en proportions égales), mais qui hélas ne sont pas portés systématiquement. L’aspiration des poussières à la source est très peu utilisée.
Les métrologies révèlent que les paysagistes peuvent être exposés au quartz à des taux parfois supérieurs à la VLEP ou pouvant rapidement l’atteindre.
(publié le 19 février 2020)