Infarctus aigu du myocarde en relation avec les activités physiques professionnelles : une étude de suivi à l’échelon national basée sur des matrices emplois-expositions
Acute myocardial infarction in relation to physical activities at work : a nationwide follow-up study based on job-exposure matrices

J.P. Blonde, E.M. Flachs, I.E.H Madsen, S.B. Petersen, J.H. Andersen, J. Hansen, E.B. Jørgensen, H. Kolstad, A. Holtermann, V. Schlünssen, S.W. Svendsen Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2020, vol 46, n°3, pp. 268-277. Bibliographie.

Cette étude danoise s’intéresse aux relations entre le genre masculin/féminin et le risque d’infarctus aigu du myocarde (AMI) en fonction des efforts de soulèvement et de la station debout/la marche au travail.
La population étudiée comprend 1,15 millions de salariés danois. Les codes d’emploi, à partir de 1976, ont été liés à des expositions spécifiques à l’aide de matrices emplois-expositions (JEM). Les cas d’AMI, lors du suivi de 1996 à 2016, ont été extraits à partir des registres nationaux : les ratios des taux d’incidence (IRR) ont été calculés à l’aide d’une régression de Poisson en ajustant sur les facteurs démographiques et les JEM- facteurs de mode de vie. Les modèles portaient sur les activités physiques au travail au cours des deux dernières années (risque à court terme) et les activités physiques cumulatives (risque à long terme).
Au cours des 21,4 millions d’années-personnes de suivi, 22 037 AMI sont survenus chez les hommes et 6 942 chez les femmes. Les relations exposition-réponse entre les activités physiques et l’AMI n’ont pas retrouvé de preuve probante.

Chez les hommes, l’IRR ajusté à long terme pour le plus élevé des cinq catégories d’exposition par rapport à la plus faible était de 1,09 (IC 95 % de 1,03 à 1,15) pour les efforts de soulèvement et de 1,01 (IC 95 % de 0,96 à 1,07) pour la position debout/marche.
Chez les femmes, les chiffres étaient de 1,27 (IC 95 % de 1,15 à 1,40) et de 1,18 (IC 95 % de 1,07 à 1,30). Cette dernière estimation du risque était fortement atténuée et la tendance est devenue non significative une fois ajustée sur les efforts de soulèvement. Les résultats n’ont été que partiellement étayés par des analyses de sensibilité.
Cette étude apporte des preuves limitées à l’hypothèse selon laquelle les efforts de soulèvement à long terme, et la position debout/marche pendant l’activité professionnelle sont liés à un risque accru d’AMI.

(publié le 22 juin 2020)