Manutention professionnelle en tant que facteur de risque de l’arthrose de la base du pouce cliniquement pertinente
Occupational load as a risk factor for clinically relevant base of thumb osteoarthritis

J. Moriates Wolf, A. Turkiewicz, I. Atroshi, M. Englund Occupational Medicine 2020, vol 77, n°3, pages 168-171. Bibliographie.
Partons du postulat qu’une augmentation de la charge, liée à la manutention manuelle de la pince pouce-index, augmente le risque d’arthrose carpo-métacarpienne du pouce (CMC1).
Les auteurs américains et suédois ont cherché à caractériser la relation entre l’arthrose CMC1 diagnostiquée par un médecin et la profession dans une grande population d’actifs.
Une étude cas-témoins appariée à l’aide d’un registre de santé suédois a été réalisée. Les cas, âgés de 30 à 65 ans en 2013, avec une arthrose CMC1 diagnostiquée par un médecin entre 1998 et 2013, ont été colligés. Quatre témoins ont été appariés avec chaque cas  : par âge, genre, éducation et code postal. La classification suédoise des professions a été utilisée pour attribuer la profession. Celle-ci était classée comme travail léger, léger à modéré, modéré à lourd. Une régression logistique conditionnelle a été utilisée pour estimer les OR avec un IC à 95 %.
Trois mille quatre cent soixante deux (3462) patients atteints de CMC1 ont été appariés à 13 211 contrôles. L’âge moyen du groupe CMC1 était de 63 ans (écart type de 7 ans) avec 81 % de femmes.
Les OR pour CMC1 chez les hommes étaient de 1,31
(IC 95 % de 0,96 à 1,79) pour le travail léger-modéré ; 1,76 (IC 95 % de1,29 à 2,40) pour le travail modéré et 2,00 (IC 95 % de 1,59 à 2,51) pour le travail lourd, comparés au travail léger.
Les femmes avaient des OR pour CMC1 de 1,46
(IC 95 % de 1,32 à 1,61) pour le travail léger-modéré, 1,27 (IC 95 % de 1,10 à 1,46) pour le travail modéré et 1,31 (IC 95 % de 1,07 à 1,59) pour le travail lourd, par rapport au travail léger.
L’association entre l’augmentation de la charge manuelle au travail et le risque d’arthrose de la base du pouce est plus prononcée chez les hommes que chez les femmes, probablement en raison d’une charge manuelle plus élevée dans la catégorie du travail lourd.
(publié le 22 juin 2020)