Résines époxydiques

L. Géraut, J-U. Mullot, C. Géraut, M. Révelen, L. Bensefa-Colas Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2018, vol.13, n°3, 16-541-A-30, 10 pp. Références

En raison de leurs qualités supérieures de résistance mécanique, d’adhésion, de résistance chimique et thermique aux hautes températures, les résines époxydiques sont très utilisées et le marché est en phase de croissance. En 2010, environ 1% des travailleurs déclaraient être professionnellement exposés aux résines époxy.
Les résines époxy acrylates sont composées de prépolymères époxydiques (dont le DGEBA, (diglycidyl-éther de bisphénol F, PGE) et précurseurs, et d’innombrables durcisseurs, diluants réactifs, additifs et charges diverses, à l’origine de très fréquentes dermatites de contact d’irritation et surtout de dermatites de contact allergiques, les deux étant fréquemment combinées dans des formes mixtes.
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire, l’examen clinique et la réalisation de tests épicutanés spécifiques (la batterie standard pour le DGEBA et la batterie époxy). Il est recommandé de mener aussi les tests avec les produits apportés par le patient.

Les résines époxy sont aussi responsables d’allergies respiratoires (rhinoconjonctivites, asthmes professionnels, pneumopathies d’hypersensibiité et ou alvéolites), voire syndrome de Brooks en cas d’exposition unique et massive.

Les résines époxy contiennent aussi des substances catégorisées selon le Centre International de recherche contre le cancer (CIRC) cancérogènes ou reprotoxiques. Il en est ainsi du bisphénol A.

La prévention collective repose sur l’information et la formation du personnel, notamment la mise à disposition des fiches de données de sécurité, l’automatisation des tâches, et l’organisation du travail afin de réduire les pics d’exposition aux vapeurs et aérosols.
Dans un second temps, la prévention individuelle sera déployée : protections respiratoires, protection cutanée couvrant les zones de contact (combinaisons jetables), gants adaptés aux produits et aux tâches.
Le médecin du travail rappellera les risques et insistera sur la prévention au poste de travail. Il recherchera d’éventuelles lésions cutanées, une rhinoconjonctivite ou des signes respiratoires de rythmicité professionnelle et effectuera une spirométrie.

La réparation s’effectue selon les tableaux des maladies professionnelles 5 et 51 du régime général et les tableaux 44 et 45 du régime agricole.
La sous-déclaration est manifeste, témoin les seules 33 maladies professionnelles reconnues en France en 2015 au titre du tableau 51, dont 1/3 provenait du secteur de la construction.

(publié le 29 octobre 2018)