Devenir professionnel des salariés des Pays de la Loire souffrant de troubles musculo-squelettiques

C. Sérazin, C. Ha, J. Bodin, E. Imbernon, Y. Roquelaure Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2013, n°10, pp.95-98. Bibliographie
Cet article décrit et quantifie les conséquences des troubles musculo-squelettiques (TMS) du membre supérieur (MS) sur l’emploi dans un échantillon de salariés en activité.
Entre 2002 et 2003, 83 médecins du travail des Pays de la Loire ont examiné 3 710 salariés tirés au sort qui ont rempli un questionnaire leur permettant de rapporter leurs douleurs musculo-squelettiques selon des critères de localisation et de temporalité.
Trois groupes ont été constitués : un groupe "TMS-MS" (salariés chez qui a été diagnostiqué un TMS-MS), un groupe "Douleurs MS" (salariés rapportant des douleurs dans le membre supérieur au cours des sept jours précédents mais sans TMS avéré) et un groupe "Asymptomatique" (salariés sans douleurs ni trouble avéré).
7 ans plus tard entre 2007 et 2010, 2 287 personnes ont répondu. 79,3% étaient encore en activité professionnelle dans le groupe "TMS-MS", 85,9% dans le groupe "Douleurs MS" et 90,4% dans le groupe "Asymptomatique".
"La retraite était la raison principale de sortie de l’emploi, quel que soit le groupe (50,9% des sorties de l’emploi). L’âge moyen des retraités ne différait pas entre les groupes (59,3 ans). Cependant, parmi les sujets âgés de plus de 50 ans lors de la première phase et ne travaillant plus à la seconde phase, 67,4% (n=31) étaient retraités dans le groupe "TMS-MS" versus 75,6% (n=31) dans le groupe "Douleurs MS" et 86,6% (n=71) dans le groupe "Asymptomatique". Dans tous les groupes, la deuxième raison était le chômage (17,6% des sorties) suivi des arrêts maladie prolongés, plus souvent évoqués dans le groupe "Douleurs MS" (21,2%) que dans les groupes "TMS-MS" (9,8%) et "Asymptomatique" (10,3%). Les salariés ayant cessé de travailler pour une raison personnelle (éducation d’un enfant, année sabbatique) étaient moins nombreux dans les groupes "TMS-MS" (3,3%) et "Douleurs MS" ’( 1,5%) que dans le groupe "Asymptomatique" (8,2%). Les salariés sortis de l’emploi pour invalidité étaient plus nombreux dans le groupe "TMS-MS" (9,8% des sorties) que dans les groupes "Douleurs MS" (3,0%) et "Asymptomatique" (2,7%).
Parmi ceux travaillant encore, 24% avaient changé de poste de travail dans la même entreprise dans le groupe "Douleurs MS", 21% dans le groupe "TMS-MS" et 19% dans le groupe "Asymptomatique".
"Cette enquête confirme donc la nécessité de prendre en compte le risque de TMS-MS dans les politiques de gestion du travail, et plus particulièrement chez les salariés vieillissants. Elle appuie également la nécessité d’implanter des programmes de retour au travail et de maintien en emploi pour les salariés souffrant de "TMS-MS".
(publié le 29 mai 2013)