Emploi et conséquences professionnelles pour des travailleurs ayant des douleurs musculosquelettiques dans une région française

Employment and occupational outcomes of workers with musculoskeletal pain in a French region C. Sérazin, C. Ha, J. Bodin, E. Imbernon, Y. Roquelaure Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°3, pages 143-148. Bibliographie.

Les objectifs de cette enquête française étaient d’étudier l’emploi et les conséquences professionnelles de travailleurs pour lesquels un diagnostic de troubles musculosquelettiques du membre supérieur (TMS-MS) avait été posé ou qui avaient signalé une douleur musculosquelettique du membre supérieur peu d’années auparavant par rapport à des travailleurs qui n’avaient aucune douleur articulaire du membre supérieur.

Entre 2002 et 2005 un système de surveillance épidémiologique a été mis en place dans la région française des Pays de la Loire. Des médecins du travail ont examiné 3 710 travailleurs tirés au sort. Ils se sont concentrés sur six TMS-MS : le syndrome de la coiffe des rotateurs, l’épicondylite, les péri-tendinites des fléchisseurs extenseurs de la main et des doigts, le syndrome de de Quervain, le syndrome du canal carpien et le syndrome du canal ulnaire. Trois groupes ont été constitués : un groupe « TMS-MS » (travailleurs ayant un TMS-MS diagnostiqué au départ, 13 % de la cohorte) ; un groupe « douleur » (travailleurs ayant eu une douleur au cours des 7 derniers jours au départ et sans diagnostic clinique posé, 3,8 %) ; et un groupe « indemne » (travailleurs n’ayant aucune douleur ni trouble au cours des 7 derniers jours, 49 %). Ils ont complété un questionnaire entre 2007 et 2009. Un total de 2 332 travailleurs ont répondu. Il y avait moins de sujets encore au travail dans le groupe « TMS-MS » (79,3 %) que dans le groupe « douleur » (85,9 %) et le groupe « indemne » (90,4 %), la différence demeurant significative après ajustement par le sexe, l’âge, la catégorie professionnelle, le type d’entreprise et les comorbidités. Parmi les sujets toujours au travail, 24 % avaient changé leur poste de travail dans la même entreprise dans le groupe « douleur » par rapport à 19 % dans le groupe « indemne » et 21 % dans le groupe « TMS-MS ».

En conclusion, cette enquête a montré l’impact de la douleur musculosquelettique sur les conséquences concernant l’emploi et la difficulté à garder en activité les travailleurs ayant un trouble musculosquelettique.

(publié le 17 juillet 2013)