Est-ce que les conditions psychosociales de travail alléguées prédisent la lombalgie après ajustement pour, à la fois, la charge physique de travail et les symptômes dépressifs ? Une enquête prospective chez des femmes travaillant en maison de retraite
Do self-reported psychosocial working conditions predict low back pain after adjustment for both physical work load and depressive symptoms ? A prospective study among female eldercare workers

T. Clausen, L. Andersen, A. Holtermann, A. Jorgensen, B. Aust, R. Rugulies Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°8, pages 538-544. Bibliographie.

Pour explorer dans quelle mesure les conditions psychosociales au travail prédisent la survenue de lombalgie chez des femmes travaillant dans des maisons de retraite tout en ajustant pour la charge physique de travail et les symptômes dépressifs, les auteurs danois ont mené une enquête prospective. Ils ont recherché le risque de développer une lombalgie d’une durée de 1 à 30 jours dans l’année passée et de développer une lombalgie durant plus de 30 jours dans l’année passée au cours du suivi chez 1 537 employés de maisons de retraite n’ayant au aucune lombalgie au cours de l’année précédant le départ de l’enquête. Les données ont été étudiées grâce à des analyses par régression logistique ajustées pour les variables socio-démographiques, les comportements de santé, la charge physique de travail et les symptômes dépressifs au départ de l’enquête. Le suivi s’est déroulé sur une période de 18 à 22 mois.

De fortes demandes émotionnelles, de forts et moyens conflits de rôle et une faible latitude décisionnelle prédisaient le risque de signaler une lombalgie d’une durée de 1 à 30 jours au cours de l’année passée lors du suivi après ajustement pour les variables socio-démographiques, les comportements de santé et la charge physique de travail. Toutes les associations devenaient statistiquement non significatives quand on ajustait pour les symptômes dépressifs. La faible et moyenne latitude décisionnelle au travail et les fortes demandes émotionnelles prédisaient le risque de signaler une lombalgie durant plus de 30 jours au cours de l’année passée lors du suivi, après ajustement pour les variables socio-démographiques, les comportements de santé et la charge physique de travail. Pour les employées ayant une faible (OR = 4,16 ; IC 95% 1,36 à 12,75) et une moyenne (OR = 3,93 ; IC 95% 1,37 à 11,22) latitude décisionnelle au travail, le risque restait statistiquement significatif après ajustement pour les symptômes dépressifs.

En conclusion, la plupart des conditions de travail dans cette enquête ne restaient pas associées avec le risque de lombalgie après ajustement pour les symptômes dépressifs. Cependant, la faible et la moyenne latitude décisionnelle au travail prédisaient le risque de lombalgie durant plus de 30 jours après ajustement pour, à la fois, la charge physique de travail et les symptômes dépressifs.

(publié le 4 novembre 2013)