Facteurs de risques professionnels mécaniques et psychosociaux pour la lombalgie : une enquête de suivi sur 3 ans en population active générale en Norvège
Work-related psychosocial and mechanical risk factors for low back pain : a 3-year follow-up study of the general working population in Norway

T. Sterud, T. Tynes Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°5, pages 296-302. Bibliographie.

Cette enquête avait pour objectif d’étudier l’impact de l’exposition professionnelle aux contraintes mécaniques et psychosociales sur le développement de la lombalgie dans la population active générale.

Une cohorte tirée au sort au sein de la population active générale de Norvège, âgée de 18 à 66 ans, a été suivie pendant 3 ans (n = 12 550, taux de réponse au départ = 67 %). Les répondants inclus étaient salariés au cours d’une semaine de référence en 2006 et 2009, ou temporairement absents de leur activité salariée (n = 6 745). Cinq facteurs psychosociaux professionnels et sept expositions mécaniques ont été mesurés. Les pathologies prises en compte étaient une lombalgie modérée ou grave lors du suivi, ajustées par rapport à une éventuelle lombalgie au départ.

Au total, 12,8 % (861 sujets) ont signalé une lombalgie au cours du dernier mois lors du suivi. Les prédicteurs psychosociaux de lombalgie étaient de fortes demandes professionnelles (OR 1,41 ; IC 95 % 1,16 à 1,72) et une faible latitude décisionnelle (OR 1,26 ; IC 95 % 1,01 à 1,57). Les facteurs mécaniques étaient la station debout prolongée (OR 1,48 ; IC 95 % 1,20 à 1,83), le soulèvement de charge dans de mauvaises positions (OR 1,55 ; IC 95 % 1,28 à 1,88) et les positions accroupi/agenouillé (OR 1,29 ; IC 95 % 1,04 à 1,61). Le risque attribuable estimé dans cette population d’avoir ces facteurs de risque était approximativement de 42 %. Le risque de lombalgie associé avec l’exposition psychosociale n’était pas influencé par l’ajustement pour les risques mécaniques, et vice et versa. Il n’y avait pas de facteurs de confusion substantiels liés à l’âge, au genre, au niveau d’études, au métier ou au stress psychologique négatif.

En conclusion, les fortes demandes professionnelles, la station debout prolongée et le soulèvement de charges dans de mauvaises positions apparaissent être les prédicteurs de lombalgies les plus importants et les plus fiables.

(publié le 30 septembre 2013)