Incidences des épicondylites latérales et facteurs de risque associés
Work-related risk factors for incidence of lateral epicondylitis in a large working population

E. Herquelot, A. Guéguen, Y. Roquelaure, J. Bodin, C. Ha, A. Leclerc, M. Goldberg, M. Zins, A. Descatha Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2013, vol 39, n°6, pages 578-588. Bibliographie.

L’objectif de cette enquête française était d’évaluer l’association entre des mesures répétées de facteurs professionnels et psychosociaux et l’incidence des épicondylites latérales dans une large population de salariés. Sur les 3 710 salariés qui ont été inclus entre 2002 et 2005 dans un programme de surveillance des TMS dans les Pays de la Loire, 1 046 ont eu un suivi complet entre 2007 et 2010. A chaque phase, la présence d’épicondylite a été diagnostiquée par un médecin du travail et les salariés ont rempli un auto-questionnaire sur leurs facteurs de risques professionnels. Des modèles de Poisson univariés et multivariés séparés par sexe ont été utilisés pour évaluer les rapports de taux d’incidences (IRR) sur les données avec imputations multiples. Le taux d’incidence des épicondylites latérales était de 1,0 [0,7 ; 1,3] pour 100 salariés-années chez les hommes et 0,9 [0,7 : 1,3] chez les femmes. L’incidence chez les travailleurs plus âgés (plus de 45 ans) était plus importante que chez les plus jeunes (moins de 30 ans) mais non significativement. L’exposition aux gestes répétitifs (plus de 2 heures/jour) était un facteur de risque significatif dans les analyses univariées. Un facteur de risque combinant l’effort physique important avec des mouvements aux coudes ou des torsions aux poignets (plus de 2 heures/jour) aux deux questionnaires était fortement associé à l’incidence (IRR ajusté sur l’âge et la répétition « toujours exposé » versus « jamais exposé » de 3,2 [1, 5 ; 6,4] chez les hommes et de 3,3 [1,4 ; 7,6] chez les femmes).

Cette étude souligne l’importance de l’effet des risques professionnels tout au long de la carrière sur l’incidence des épicondylites, en particulier les gestes répétitifs et l’effort physique combiné à des mouvements aux coudes. De prochaines études pourront évaluer l’influence de la durée et de la répétition des expositions professionnelles sur les épicondylites latérales .

(publié le 30 janvier 2014)