Inconfort environnemental et troubles musculosquelettiques

Environmental disconfort and musculoskeletal disorders N Magnavita, M Elovainio, I De Nardis, T Heponiemi, A Bergamaschi Occupational Medicine 2011, vol 61, n°3, pages 196-201. Bibliographie.

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont les maladies professionnelles les plus fréquentes en Europe, avec une prévalence élevée chez le personnel hospitalier. Des facteurs, à la fois environnementaux et psychosociaux au travail peuvent influencer significativement le développement et l’exacerbation des TMS.

Les auteurs italiens, finlandais et britanniques ont cherché à évaluer dans quelle mesure des facteurs environnementaux au travail sont associés avec les TMS chez le personnel hospitalier et à vérifier les interactions potentielles entre les facteurs environnementaux et psychosociaux sur le lieu de travail et les TMS.

Une enquête transversale a été réalisée en utilisant le Questionnaire Nordique pour évaluer les TMS, le questionnaire JAQ/MM-040 sur l’air intérieur pour les facteurs environnementaux, le modèle demande-latitude décisionnelle pour la contrainte au travail et le questionnaire de Goldberg pour l’anxiété et la dépression. L’association entre les facteurs environnementaux et les TMS a été étudiée en recourant à une analyse par régression logistique. De plus, les interactions des facteurs environnementaux et des TMS avec la contrainte, l’anxiété et la dépression ont été étudiées.

L’échantillon de 1 744 membres du personnel hospitalier (767 hommes et 977 femmes, d’âge moyen 44,9 ans ± 8,9) comprenait des infirmières (60 %), des médecins (18 %), des techniciens et biologistes (8 %), des administratifs (11 %) et du personnel ouvrier (3 %).

Les plaintes environnementales étaient associées avec les TMS. Les plus fortes associations ont été trouvées entre les plaintes concernant la température (OR = 2,73), les plaintes portant sur le bruit et l’éclairage (OR = 2,22), d’autres plaintes environnementales (OR = 3,12) et les problèmes du membre supérieur. Une interaction significative entre les plaintes concernant la température et la contrainte du membre supérieur entraînant un TMS a été trouvée (F = 9,52 ; p< 0,05).

En conclusion, pour prévenir le TMS, une approche à plusieurs niveaux est nécessaire, incluant des mesures environnementales et des interventions dirigées à la fois vers les facteurs psychosociaux et les facteurs organisationnels.

(publié le 15 décembre 2011)