Marges de manoeuvre et pouvoir d’agir dans la prévention des TMS et des RPS

Coordinateurs : S. Caroly, P. Simonet, N. Vézina Le Travail Humain, 2015, vol.78, n°1, 94 pages

La prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS) et des risques psychosociaux (RPS) constitue une préoccupation majeure dans les pays industrialisés. Leur coût humain et financier est phénoménal.
"Dès lors que les données scientifiques probantes sont nombreuses pour justifier des liens solides entre l’apparition des TMS et des RPS, en particulier du point de vue de leurs déterminants dans le travail, il est légitime d’aborder en soi la prévention en questionnant l’organisation du travail".
Afin de trouver des pistes d’amélioration, des disciplines variées se sont regroupées (épidémiologie, ergonomie, psychologie, biomécanique, sociologie médecine, histoire) pour partager leurs connaissances et leurs expériences.

Ce numéro spécial discute des concepts de marge de manœuvre et de pouvoir d’agir et de leur articulation dans les processus de construction de la santé et dans l’intervention en prévention.

Deux articles théoriques définissent les marges de manœuvre :

  • l’un (F. Courtarel, S. Caroly, N. Vézina, F. Daniellou) met l’accent sur le contexte de travail spécifique et la prise en compte de l’individu avec ses propres caractéristiques dans le processus de régulation de l’activité ;
  • le second (Y. Clot, P. Simonet) propose trois types de développement de marges de manœuvre (organisationnelles, individuelles et collectives) qui prennent leur source dans le développement des pouvoirs d’agir.

Trois articles empiriques illustrent "l’opérationnalité "des concepts de recherche et d’intervention pour la prévention.

  • l’un (E. Morvan, B. Delecroix, E. Quillerou-Grivot) incite les praticiens à rendre visibles les marges de manœuvre et à les réinventer pour prévenir les risques ;
  • le second (V. Deruelle, J-L. Metzger) propose de sortir de l’isolement pour prévenir TMS et RPS et pose la question d’une construction de l’activité collective, mais ceci n’est possible que dans un environnement économique favorable ;
  • le troisième (N. Poussin, Y. Miossec) s’intéresse à la clinique : il apparaît que la modification du sentiment du professionnel sur son activité, grâce à un dialogue avec ses pairs sur les buts, les motifs et les émotions, transforme le pouvoir d’agir.

Ces différentes méthodologies sont des pistes à poursuivre pour prévenir ces pathologies.

(publié le 30 juillet 2015)