Prévalence de troubles musculosquelettiques des membres supérieurs dans un service de stérilisation d’un CHRU

R. Pougnet, A.le Menn, L. Pougnet, M. Vonwyl, A. Menage, J-B. Moreau, B. Loddé, J-D. Dewitte. Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2014, vol.75, n°2, p.143-149. Références

Une étude transversale par questionnaire médical et examen clinique a été réalisée lors d’une visite dédiée uniquement à cette étude, sur la base du volontariat dans l’objectif de déterminer la prévalence de troubles musculosquelettiques (TMS) parmi les agents d’un service de stérilisation d’un CHRU et de rechercher les facteurs liés statistiquement à la présence de TMS.
Les agents du service remplissaient le "Job Content Questionnaire de Karasek" en salle d’attente et étaient interrogés lors de l’entretien médical, sur leurs antécédents, leurs symptômes, leurs traitements, les caractéristiques de leur poste de travail. Ils bénéficiaient ensuite d’un examen médical pour dépister les 12 TMS définis par la conférence de consensus SALTSA et pour toutes les articulations, les mobilités passives et actives étaient mesurées.

Sur les 30 agents participant à l’étude (soit la totalité du personnel), 40 TMS ont été dépistés : 5 TMS latents, 12 symptomatiques et 23 avérés. La prévalence des TMS avérés était de 70%. Dix agents avaient au moins deux TMS. Les TMS les plus fréquents étaient les cervicalgies à distance, le syndrome de la coiffe des rotateurs et les tendinopathies médicales et latérales du coude. Dix agents présentaient un TMS susceptible d’être reconnu comme maladie contractée en service et n’ayant pas fait l’objet d’une telle démarche.
Les facteurs de risques biomécaniques les plus présents étaient le port de charges de plus de 4 kg et le travail statique.
62,9% des agents se disaient stressés par le travail du fait de la nécessité d’accomplir les tâches rapidement, parfois dans l’urgence et sans avoir le droit à l’erreur. 50% des agents étaient en Job Strain et 26,7% en Iso Strain , le manque de soutien hiérarchique était le principal facteur et 86,7% des agents présentaient plusieurs facteurs de risque.
L’existence des TMS était liée à l’ancienneté dans le service (en moyenne 3,5 ans pour les personnes sans TMS versus 9,8). Les personnes en Job Strain ou en Iso Strain de même que les personnes ayant déjà eu des maladies contractées en service ou des accidents du travail n’avaient pas plus de TMS.
Cette étude a permis d’objectiver la forte prévalence des TMS dans un service de stérilisation et de constater la sous-déclaration de ces pathologies.

(publié le 25 septembre 2014)