Prévenir les troubles musculosquelettiques chez les soignants : connaître les expositions et étude des outils d’aide à la manutention

S. Moisan, S. Caroly, I. Juret, C. Brinon, V. Josselin, M.P. Guiho-Bailly, D. Tripodi, D. Penneau-Fontbonne, Y. Roquelaure Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2009, vol.70, n°1, p. 13-27. Bibliographie

Les études menées sur la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) en milieu hospitalier associent principalement les compétences des hôpitaux d’Angers et de Grenoble. L’analyse du risque TMS dans ce secteur repose sur deux études : l’identification des facteurs de risques de TMS et de lombalgies en milieu de soins et l’évaluation des outils d’aide à la manutention des patients. Se basant sur les 293 salariés appartenant au secteur santé (réseau InVS des Pays-de-la-Loire, il apparaît qu’en moyenne, les salariés du secteur santé sont exposés à 2,4 (± 2,1) des 19 facteurs de risque de TMS pris en considération, et c’est significativement moins que le reste du réseau. Les localisations les plus fréquentes sont le poignet, puis le coude. La prévalence des symptômes lombaires au cours des douze derniers mois est importante : 59,2% dans le secteur santé, plus élevée que dans le reste de la population, en lien avec les tâches de manutention des patients. L’âge influe peu dans la prévalence des affections lombaires et la classe d’âge la plus touchée est celle des 20 à 29 ans, suivie par celle des 40 à 49 ans. La méthodologie utilisée pour évaluer l’utilisation du matériel d’aide à la manutention est une analyse globale de l’activité corroborée par des entretiens avec les différents acteurs des services de soins étudiés et des observations systématiques. Du point de vue organisationnel, les études indiquent que les aides techniques telles que les équipements d’aide à la manutention sont habituellement peu utilisées car non appropriées au métier, à la taille des chambres, aux critères de dépendance du patient mais aussi au fait que le personnel manque d’information et de formation sur ce type de matériel. Il est important aussi de prendre en compte le rapport du patient au matériel (un malade qui ressent un sentiment de peur lors des premières utilisations peut se crisper et résister, majorant pour le personnel soignant les difficultés de manutention). Pourtant dans certaines conditions, l’utilisation de ce matériel d’aide à la manutention permet le maintien dans l’emploi de soignants déjà atteints de TMS. « Introduire du matériel d’aide à la manutention nécessite donc une démarche d’accompagnement du changement qui se fonde non seulement sur une participation des utilisateurs au choix du matériel, mais aussi sur la construction de marges de manœuvre dans l’organisation du travail ». La démarche initiée par ces études a pour objectif de donner des références et des outils d’évaluation des risques aux petits hôpitaux périphériques en fonction de leurs besoins.

09B05109

(publié le 15 juin 2009)