Symptômes de neuropathie ulnaire (cubitale) et pseudo-neuropathie ulnaire en relation avec des expositions biomécaniques évalués par une matrice emploi-exposition : une triple étude cas-témoins.

Ulnar neuropathy and ulnar neuropathy-like symptoms in relation to biomechinal exposures assessed by a job exposure matrix : a triple case-referent study. S. Wulff-Svendsen, B. Johnsen, A. Fuglsang-Frederiksen, P. Frost Occupational and Environmental Medicine, 2012, vol 69, n°11, pages 773-780. Bibliographie.

Cette étude danoise évalue les relations entre les expositions biomécaniques professionnelles et les symptômes liés à la neuropathie ulnaire confirmée par électromyogramme (EMG) ou à la pseudo-neuropathie ulnaire avec EMG normal.

Pour cela, lors d’une triple étude cas-témoin, tous les patients âgés de 18 à 65 ans ayant eu un EMG, dans le département de neurophysiologie de l’hôpital, pour une suspicion de neuropathie ulnaire entre 2001-2007 ont été inclus dans l’étude.

Un questionnaire a été envoyé par la poste à 546 patients atteints et 633 patients ayant des symptômes ressemblant à une pathologie ulnaire. Deux groupes témoins issus du registre national de santé danois ont été constitués avec appariement sur l’âge, le sexe. Trois études ont été menées : les cas de neuropathie ulnaire confirmés par EMG versus leurs témoins, les cas de pseudo-neuropathie ulnaire avec EMG normal versus leurs témoins, les cas de neuropathie ulnaire confirmés versus les cas de pseudo-neuropathie ulnaire utilisés comme témoins. Une matrice emploi exposition a été construite pour évaluer les expositions lors de certaines postures de travail, lors des mouvements répétitifs, lors du travail de force et évaluer les vibrations transmises aux mains et aux bras. Des régressions logistiques conditionnelles et inconditionnelles ont été utilisées.

Les résultats ont montré un taux de réponse à 59 %, et que la neuropathie ulnaire était en relation avec le travail de force avec un modèle-exposition-réponse atteignant un OR à 3,85 (IC 95 % de 2,04 à 7,24), que les postures contraignantes renforçaient les effets du travail de force. Aucune relation n’a été observée avec les mouvements répétitifs. Par contre, pour les symptômes en relation avec une pseudo-neuropathie ulnaire, il existait un lien avec les mouvements répétitifs avec un OR à 1,89 (IC 95 % de 1,01 à 3,52) dans la catégorie de l’exposition la plus élevée (> 2,5 heures par jour), sans lien avec le travail de force. En conclusion, la neuropathie ulnaire et la pseudo-neuropathie ulnaire différaient en ce qui concerne les associations avec les expositions biomécaniques professionnelles. Ceci suggère des effets spécifiques du travail de force sur le nerf ulnaire, ce qui confirme l’importance de pratiquer un EMG dans l’évaluation des facteurs de risque de ce type de neuropathie. Des actions préventives peuvent être réalisées pour réduire les expositions biomécaniques professionnelles.

(publié le 18 mars 2013)