Syndrome du canal carpien et autres syndromes canalaires

S. Gouzou, P. Liverneaux La Revue du Praticien, 2013, vol. 63, n°9, pp.1258-1262. Références

Le syndrome du canal carpien est le trouble musculo-squelettique(TMS) le plus fréquent des maladies professionnelles indemnisables.
200 000 nouveaux cas apparaissent chaque année avec une prédominance féminine.
Il résulte d’une compression du nerf médian au niveau du canal carpien.
Outre les microtraumatismes, les causes sont multiples : endocriniennes, maladies de système, tumorales, muscles surnuméraires, synovites spécifiques, causes infectieuses, hémorragies intracanalaires.
Il se manifeste par des paresthésies dans le territoire du nerf médian, d’abord nocturnes puis diurnes auxquelles s’ajoutent des troubles subjectifs entraînant maladresse et gêne à effectuer des mouvements fins. Algies du coude et de l’épaule peuvent être présentes.
L’examen clinique recherche des signes déficitaires sensitifs et moteurs au niveau de la main.
L’électromyogramme (EMG) est l’examen de référence mais il n’y a pas d’obligation à le réaliser. Il permet d’objectiver l’atteinte du nerf médian, d’en préciser la sévérité, d’éliminer une neuropathie ou de mettre en évidence une pathologie associée. Un EMG normal permet d’éliminer une forme sévère sans toutefois éliminer un syndrome du canal carpien débutant, orientant alors vers un traitement médical, c’est-à-dire le port d’une orthèse nocturne qui immobilise le poignet en rectitude et l’infiltration de corticoïdes retard (2 voire 3 infiltrations). Concomitamment, le médecin du travail sera sollicité pour l’aménagement du poste afin de diminuer les facteurs favorisants.
En cas d’échec, on recourt à la la chirurgie : section du rétinaculum des fléchisseurs pour décomprimer le contenu du canal carpien à ciel ouvert ou sous endoscopie.
L’arrêt de travail recommandé par la HAS est de 7 à 56 jours suivant les activités physiques du patient.
La récidive est rare.

Le syndrome de compression ulnaire au coude se manifeste par des paresthésies du 5e doigt et de la moitié ulnaire du 4e doigt, d’abord transitoires, lors du coude fléchi notamment la nuit puis permanentes et s’étendant au bord médial de la main. Viennent ensuite les troubles moteurs (maladresse, perte de force et de dextérité).
Outre l’examen clinique et la radiographie du coude, l’EMG permet d’affirmer la compression et d’en préciser le niveau mais il n’est pas toujours fiable et l’examen le plus pertinent semble l’échographie bilatérale comparative et dynamique des deux nerfs ulnaires.
Le traitement médical consiste en une orthèse de repos nocturne, coude fléchi à 30°, mais il est rarement utilisé. L’acte chirurgical consiste en une décompression du nerf ulnaire, voire en une transposition du nerf ulnaire en position antérieure.

(publié le 23 janvier 2014)