TMS d’origine professionnelle : une préoccupation majeure
Numéro thématique

Coordination scientifique du numéro : C. Ha et P-Y. Bello BEH, Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, 2010, n°5-6, p.33-56
Les TMS (troubles musculosquelettiques) qui recouvrent un large ensemble d’affections péri-articulaires touchant les tissus mous et se traduisant principalement par des douleurs et une gêne fonctionnelle, représentent aujourd’hui l’une des questions les plus préoccupantes en santé au travail. Ce numéro du BEH leur est totalement consacré.
La forte prévalence de l’exposition professionnelle aux facteurs de risque de TMS n’est pas propre à la France et plusieurs pays d’Europe sont concernés.
De nombreux acteurs de la prévention se mobilisent depuis plusieurs années. Le réseau de surveillance des Pays de la Loire mis en œuvre depuis 2002 a permis de connaître le devenir médical des sujets atteints de TMS mais aussi les conséquences de la maladie sur l’emploi en termes d’arrêts de travail, de prise en charge par l’Assurance maladie ou d’aménagement des conditions de travail. Ces données seront utilement complétées par les résultats (bientôt disponibles) d’une surveillance du SCC opéré en région PACA. C’est ainsi qu’une meilleure connaissance en termes d’épidémiologie va concourir à mieux orienter les actions de prévention.
Dans les statistiques, le syndrome du canal carpien (SCC) est le TMS le plus fréquent et a été retenu comme traceur des TMS du membre supérieur. Le programme pilote de surveillance associe différentes approches complémentaires : estimation de l’incidence en population générale du SCC et contribution des facteurs professionnels, mais aussi estimation de la prévalence en population salariée.
Le devenir professionnel après intervention chirurgicale pour un SCC a également été étudié et a permis d’identifier les facteurs de mauvais pronostic professionnel.
Parallèlement, les prévalences des symptômes et des TMS ainsi que l’exposition à leurs facteurs de risque ont été estimées chez les travailleurs intérimaires. Elles ne semblent pas supérieures à celle observée chez les autres ouvriers (l’âge en moyenne moins élevé des intérimaires peut expliquer cet état de fait).
En ce qui concerne les lombalgies, cette surveillance montre une prévalence élevée de douleurs quotidiennes pour les hommes principalement chez les employés et agents de service de la fonction publique et les ouvriers et pour les femmes parmi les ouvrières.
Si cette surveillance épidémiologique développée depuis bientôt 10 ans, a largement contribué à la mesure de ce problème majeur de santé au travail et à la mise en visibilité du poids des facteurs professionnels dans leur survenue, des pistes restent à explorer pour rendre cette surveillance plus efficiente et surtout pour initier des actions de prévention des risques professionnels.
(publié le 27 avril 2010)