Troubles et pathologies par surcharge biomécanique des articulations du membre supérieur dans un échantillon de 173 caissières de supermarchés

Disturbi e pathologie da sovraccarico biomeccanico degli arti superiori in un campione di 173 lavoratori addetti alle casse di supermercati P.G. Barbieri, T. Pizzoni, L. Scolari, R. Lucchini La Medicina del Lavoro, 2013, vol. 104, n°3, pages 236-243. Bibliographie.

Les caissières des enseignes de supermarché sont considérées depuis longtemps être à risque de développer des troubles musculosquelettiques des membres supérieurs liés au travail(TMSMS-LAT). L’objectif de cette enquête italienne (à Brescia, nord de l’Italie) était d’évaluer la prévalence des TMSMS-LAT chez les travailleurs de la grande distribution affectés aux caisses et, après des tests cliniques, leur fréquence. Un questionnaire standardisé a été donné à un groupe de 173 travailleurs tirés au sort de façon à recueillir des informations portant sur les symptômes des membres supérieurs (douleurs et paresthésies). Parmi les 111 travailleurs qui avaient atteint un « seuil positif d’antécédents cliniques », les auteurs ont sélectionné un échantillon tiré au sort de sujets pour bénéficier de tests cliniques (examen par un spécialiste, échographie et électromyogramme). 64 % des travailleurs avaient un seuil positif d’antécédents cliniques de TMSMS-LAT. Le trouble le plus fréquemment signalé était la douleur, en particulier de l’épaule, alors que 37 % des travailleurs souffraient d’un ou plusieurs troubles des membres supérieurs. Les tests cliniques ont été réalisés sur 51 travailleurs (47 femmes) dont l’ancienneté moyenne dans le poste était de 20 ans et 2/3 étaient des travailleurs à temps partiel ; un total de 43 TMSMS-LAT (59 % ) ont été diagnostiqués chez 30 travailleurs, incluant 13 (30,2 %) cas de neuropathies compressives, 13 cas de tendinite main/coude (30,2 % ) et 17 cas de tendinite de l’épaule (39,5 %). L’âge moyen de ces 30 sujets était de 47 ans, avec une ancienneté dans le poste de 23 ans, pour la plupart à temps partiel.

En conclusion, les auteurs ont trouvé une prévalence élevée de troubles généraux et de cas de TMSMS-LAT chez les travailleurs explorés, incluant des travailleurs à temps partiel et des travailleurs qui ne travaillaient pas exclusivement en caisse. L’enquête a aussi révélé qu’il n’y avait pas vraiment eu de programme de surveillance pour identifier les TMSMS-LAT, programme qui devrait être de la responsabilité du médecin du travail et qu’il existe par conséquent une sous-estimation du risque et une absence de l’information nécessaire pour adopter des mesures préventives.

(publié le 29 août 2013)