Troubles musculosquelettiques des membres supérieurs d’origine professionnelle

A. Aublet-Cuvelier, C. Gaudez, F. Cail Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, vol.10, n°3, 16-793-E-10, 10 p. Bibliographie.
Les troubles musculosquelettiques des membres supérieurs (TMS-MS) constituent un groupe d’affections qui touchent les tissus mous périarticulaires.
Ils se manifestent par des douleurs, une fatigue musculaire, des courbatures, des paresthésies, une gêne et/ou une limitation fonctionnelle plus ou moins invalidante de la région concernée.
Ils deviennent chroniques dans 5 à 10% des cas.
En France, ils sont reconnus au titre des Tableaux 57 et 69 du régime général et 39 et 29 du régime agricole.
La prévalence des TMS est importante en Europe. En France, les trois principaux TMS-MS que sont le syndrome de la coiffe des rotateurs, l’épicondylite latérale et le syndrome du canal carpien sont plus fréquents chez les femmes que chez les hommes et dans la catégorie ouvrière par rapport aux autres catégories socioprofessionnelles, et leur prévalence augmente avec l’avancée en âge.
Les secteurs les plus concernés sont l’agriculture, la construction et l’industrie.
Il apparaît que dans 18 régions, environ 2/3 à 3/4 des TMS-MS ne sont pas déclarés, en lien semble-t-il avec la méconnaissance ou le refus du salarié de recourir à la déclaration, l’insuffisance d’éléments pour la confirmation diagnostique.
"Différents mécanismes participent à leur développement, essentiellement d’ordre mécanique, vasculaire, métabolique, humoral, inflammatoire, neurologique et dégénératif et ces mécanismes interagissent en permanence, créant des boucles de rétroaction qui se renforcent l’une l’autre et peuvent s’auto-entretenir bien que les facteurs déclencheurs aient disparu. Elles engendrent des dysfonctionnements chroniques et expliquent la chronicisation de la douleur".
L’état de stress renforcerait ces mécanismes.
Les facteurs de risques professionnels des TMS-MS sont nombreux : biomécaniques, psychosociaux et organisationnels. Les facteurs de risque individuel ont un poids faible en milieu de travail.
La prévention repose sur trois principes fondamentaux : la prise en compte de la "multifactorialité" des TMS-MS, la participation conjointe des acteurs de l’entreprise à tous les niveaux et des professionnels de santé, afin de co-construire des actions adaptées au contexte singulier de l’entreprise.
(publié le 24 septembre 2015)