Variations internationales des absences au travail attribuées à des troubles musculosquelettiques : résultats issus de l’enquête CUPID*
International variation in absence from work attributed to musculoskeletal illness : findings from the CUPID study

D. Coggon, G. Ntani, S. Vargas-Prada, J.M. Martinez, C. Serra, F. Benavides, K. Palmer, et les autres membres de la collaboration CUPID Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°8, pages 575-584. Bibliographie.

Pour quantifier les variations dans les taux d’absence dues à des troubles musculosquelettiques dans 47 groupes de métiers (principalement des infirmières et des employés de bureau) de 18 pays (d’Amérique, d’Europe et d’Asie), et pour explorer les niveaux de risque personnels et par groupe de métiers qui pourraient expliquer les différences observées, une grande étude a été conduite par les auteurs britanniques et catalans.

Un questionnaire standardisé a été utilisé pour obtenir des informations sur les troubles musculosquelettiques, les absences pour maladie et les facteurs de risque possibles dans une enquête transversale portant sur 12 416 travailleurs (de 92 à 1 017 travailleurs par groupe de métiers). De plus, des données du niveau de groupe selon les variables socioéconomiques, telles que la rémunération pendant l’arrêt maladie et les taux de non-emploi, ont été assemblées par les membres de l’équipe de recherche dans chaque pays. Les associations de l’absence pour maladie avec les facteurs de risque ont été examinées par régression de Poisson.

Globalement, il y avait des différences de plus de 30 fois entre les groupes de métier dans la prévalence sur 12 mois d’absence prolongée pour des troubles musculosquelettiques, et même chez des employés de bureau ayant des tâches professionnelles similaires, la variation était supérieure à 10 fois. Les facteurs de risque personnels incluaient l’âge élevé, le faible niveau d’études, la tendance à somatiser, le port de charges au travail et l’absence prolongée pour des maladies non musculosquelettiques. Cependant, ces facteurs personnels expliquaient peu les variations entre les groupes de métiers. Après ajustement pour les caractéristiques individuelles, l’absence prolongée pour des troubles musculosquelettiques était plus fréquente dans les groupes ayant une plus forte pression temporelle au travail, une plus faible latitude décisionnelle et davantage de croyances pessimistes sur la liaison avec le travail des troubles musculosquelettiques. En conclusion, l’absence pour des troubles musculosquelettiques pourrait être réduite en éliminant la pression temporelle excessive au travail, en maximisant la responsabilité des employés et leur contrôle sur leur activité ainsi qu’en fournissant une flexibilité des tâches pour ceux ayant des symptômes pénalisants. Il faudrait faire attention à ne pas considérer le travail dans n’importe quel pays comme une cause d’accidents musculosquelettiques.

* CUPID : Cultural and Psychosocial Influences on Disability (influences culturelles et psychosociales sur l’inaptitude)

(publié le 31 octobre 2013)