Association entre conduite de véhicule léger et troubles musculosquelettiques dans les activités de distribution du courrier et des colis

A. Radauceanu, S. Boini, M. Grzebyk, M. Dziurla, J-J. Atain-Kouadio Références en Santé au Travail, 2019, n°158, pp. 57-83. Bibliographie
Afin d’étudier le risque de TMS spécifique à la conduite de véhicule léger dans les activités de distribution, une étude épidémiologique analytique transversale a été réalisée dans une population de postiers exposés à la conduite de véhicules utilitaires légers (VUL) dans le cadre des activités de distribution du courrier et du colis, comparée à une population de postiers non exposés.
Trente médecins du travail ont recruté 406 sujets : 306 exposés à la conduite de VUL et 100 non exposés. Le recueil des donnes a été réalisé à partir d’un auto-questionnaire renseigné par les postiers et d’un examen clinique. Les facteurs organisationnels collectés pour 88 établissements ont été recueillis par auto-questionnaire auprès des sujets et par l’INRS auprès des directeurs d’établissement.
L’âge moyen de l’échantillon est de 44 (± 9) ans et comprend 64% d’hommes et l’ancienneté moyenne au poste est de 13 ans.
" Des associations entre certains facteurs de risque liés aux activités de distribution du courrier et du colis par VUL et les TMS ont été mises en évidence : principalement le temps de conduite chez les hommes, la manipulation de charges, les efforts perçus élevés et les contraintes posturales lors de la distribution chez les hommes et les femmes ainsi que la violence morale interne au collectif de travail et les conflits éthiques".
Certains facteurs organisationnels sont potentiellement protecteurs : appel à du personnel supplémentaire pendant les périodes de pointe, pauses, formation à la conduite, véhicules équipés de boites de vitesses automatiques.
D’autres paraissent délétères comme les longs horaires de travail et l’évolution vers des objectifs plus exigeants.
Les relations de causalité mériteraient d’être confirmées par une étude prospective longitudinale, mais "la prévention des TMS doit être une démarche globale et participative, inscrite de manière durable" dans les projets de l’entreprise.
(publié le 15 novembre 2019)