Affections respiratoires professionnelles non infectieuses dues aux humidificateurs/climatiseurs

N. Rosenberg Documents pour le médecin du travail, DMT, 2008, n°116, p. 533-542. Bibliographie

Les affections respiratoires professionnelles non infectieuses dues aux humidificateurs/climatiseurs sont en lien avec les moisissures et/ou les bactéries qui colonisent l’eau qui stagne dans les carters des climatiseurs avant d’être remise en circulation vers un système d’humidification et pulvérisée dans l’air des locaux. La contamination se fait par l’intermédiaire d’aérosols de gouttelettes libérées des réservoirs d’eau contaminée. Ces affections regroupent :

  • la fièvre des climatiseurs/humidificateurs (ou fièvre du lundi matin) considérée comme une forme de syndrome toxique des poussières organiques,
  • le poumon des humidificateurs qui est une alvéolite allergique extrinsèque (ou pneumopathie d’hypersensibilité),
  • des rhinites ou asthmes. Dans la fièvre des humidificateurs, les symptômes apparaissent 4 à 12 h après l’arrivée sur le lieu de travail, lors de la reprise après un week-end ou des vacances. Les symptômes : frissons, fièvre, myalgies, oppression thoracique, toux s’amendent progressivement en cours de semaine. Des râles crépitants des deux bases sont parfois entendus à l’auscultation. La guérison est habituellement spontanée sans séquelle. Le poumon des humidificateurs, de symptomatologie proche, apparaît souvent après un long délai d’exposition (mois ou années). Il peut s’agir aussi d’épisodes récurrents de bronchite, avec une dyspnée qui s’aggrave progressivement et parfois un amaigrissement spectaculaire. Les manifestations régressent lentement après cessation de l’exposition. Rhinites ou asthmes apparaissent chronologiquement liés à la présence sur le lieu de travail. La cessation de l’exposition entraîne toujours une amélioration des symptômes mais la guérison est inconstante. Pour la fièvre des humidificateurs, c’est la survenue des cas groupés sur un lieu de travail équipé d’un système de climatisation avec humidificateur ou d’un système d’humidification qui fait évoquer le diagnostic. Pour le conforter, il faudrait mesurer la teneur en bactéries, moisissures et endotoxines dans l’air des locaux et dans l’eau des réservoirs, mais on choisit plus souvent la simple inspection visuelle du système et son nettoyage après repérage des points critiques par un personnel correctement protégé sur le plan respiratoire. Un des diagnostic différentiels est le syndrome des bâtiments malsains. La prévention repose sur la maintenance et un nettoyage régulier adapté au système en place ainsi que la modification de certains éléments responsables de condensation et d’accumulation d’eau qui constituent des foyers de prolifération. Intégrée à la conception de l’installation, la prévention technique sera efficace dans la mesure où elle aura donné la préférence aux matériaux faciles à nettoyer et à remplacer et à des aménagements permettant une inspection et des interventions régulières. La réparation peut se faire au titre du tableau n°66 bis des maladies professionnelles du régime général en cas de broncho-alvéolite aiguë ou subaiguë avec syndrome respiratoire confirmés par EFR et présence d’anticorps précipitants dans le sérum contre l’agent pathogène responsable, ou à défaut par l’intermédiaire du Comité régional de réparation des maladies professionnelles si la mise en évidence de précipitines manque ou enfin au titre des accidents du travail en cas de syndrome toxique des poussières organiques.

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(publié le 29 avril 2009)