Air conditionné et mortalité intrahospitalière lors de la canicule de 2003 au Portugal : la preuve d’un effet protecteur.

Air conditioning and intrahospital mortality during the 2003 heatwave in Portugal : evidence of a protective effect B Nunes, E Paixao, C Dias, P Nogueira, JM Falcao Occupational and Environmental Medicine, 2011, vol 68, n°3, pages 218-223. Bibliographie.

L’objectif de cette enquête portugaise était d’analyser l’associaition entre la présence de l’air conditionné dans les services hospitaliers et la mortalité intra-hospitalière au cours de la canicule de 2003 dans le Portugal continental. Les Auteurs ont utilisé un modèle de cohorte historique incluant tous les patients âgés de 45 ans et plus qui étaient hospitalisés pendant les 7 jours précédant la vague de chaleur. L’issue était la survie pendant les 18 jours qu’a duré la canicule et pendant les 2 jours suivant la fin de la vague de chaleur. Un groupe de référence a aussi été sélectionné dans quatre périodes analogues sans aucun évènement caniculaire au cours de la période allant de janvier à mai 2003. Les données ont été obtenues à partir des fichiers hospitaliers de sortie. La présence de l’air conditionné dans les services hospitaliers a été déterminée au moyen d’une enquête postale auprès des administrations de chaque hôpital. Un modèle de régression de Cox a été utilisé pour estimer le Ratio de Harell (HR) de décès ajusté pour les facteurs de confusion pendant la canicule et au cours de la période de référence, chez les patients dans des services avec l’air conditionné (AC+) versus les patients dans des services sans l’air conditionné (AC-).

Quarante et un hôpitaux du Portugal continental (49% de tous les hôpitaux du Portugal continental) ont participé, et 2 093 patients ont été inclus. Le HR global de décès ajusté pour les facteurs de confusion chez les patients AC+ versus les patients AC- était de 0,60 (IC 95% de 0,37 à 0,97) pour la période de canicule et de 1,05 (IC 95% de 0,84 à 1,32) pour le groupe de références.

En conclusion, l’enquête a trouvé une preuve solide que, durant la canicule d’août 2003, la présence de l’air conditionné dans les services hospitaliers était associée avec une augmentation de la survie des patients admis avant le début de l’évènement climatique. La réduction du risque de décéder est estimée être de 40% (IC 95% de 3 à 63).

(publié le 19 septembre 2011)