Allergènes de l’environnement intérieur
Quels risques à la maison, au bureau, à l’école ?

F. de Blay, C. Litzler, M. Ott, A. Dazy La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2013, vol.27, n°902, pp.410-411
Un tiers des sujets nés après 1980 est cliniquement allergique.
Les contaminants biologiques les plus fréquents sont les acariens (20% de personnes sensibilisées dans la population générale, responsabilité de 50% des asthmes allergiques de l’adulte), le chat (qui sensibilise 30% des asthmatiques), les moisissures, les nouveaux animaux de compagnie dont les rats et les souris et à un moindre degré les lapins, les cobayes ou les hamsters, les plantes (allergie croisée avec le latex pour le ficus benjamina ou le poinsettia et contamination par la terre des pots contenant force moissurures).
Les acariens sont retrouvés dans la poussière des logements, notamment les supports textiles mais ils sont absents des habitations situées au dessus de 1 500 m, ou des moquettes des bureaux) ; les allergènes des animaux sont retrouvés partout y compris dans la poussière de bureau ou de cinéma, les moisissures sont présentes dans toutes les habitations et en plus grande quantité dans les logements humides.
Ces allergènes sont aussi présents dans l’air : les acariens ne sont mesurables que lors d’activités ménagères mettant la poussière en suspension, les allergènes du chat et du chien se dispersent partout dans la maison et, déposés sur les surfaces, ils peuvent y persister 6 mois.
Les principaux polluants chimiques sont les composés organiques volatils (COV) au premier rang desquels se situe le formaldéhyde (présent dans les meubles en panneaux de particules, les vernis, les parfums d’intérieur), les terpènes (contenus dans les huiles essentielles pulvérisées, les parfums d’intérieur et les bougies odorantes).
Il faut compter aussi avec les produits désinfectants contenant des ammoniums quaternaires, des solvants, de l’eau de javel, le dioxyde d’azote, les moisissures qui libèrent des COV et des mycotoxines irritantes pour les bronches, la fumée de tabac.
On a beaucoup parlé il y a quelques années, des allergies au diméthylfumarate induites par des objets importés en provenance d’Asie et responsables de manifestations cutanées de type eczéma de contact ; ce produit a été interdit début décembre 2008.
Un bilan allergologique sera demandé chez tout patient décrivant une possible allergie respiratoire, mais "sa positivé ne prend de sens que lorsque les symptômes apparaissent lors de l’exposition à l’allergène suspecté". Ce bilan sera complété par une information personnalisée sur l’exposition aux différents polluants et la mise en place de mesures d’éviction.
(publié le 29 août 2013)