Conséquences dosimétriques et sanitaires de l’ingestion de radon via l’eau de boisson

O. Laurent, I. Guvesa Canu, E. Blanchardon Radioprotection, 2010, vol.45, n°4, pp.551-559. Bibliographie.
Le radon-222 est un gaz inodore et incolore présent de façon ubiquitaire en concentrations variables dans notre environnement. Libéré dans l’atmosphère, le radon peut être inhalé et augmenter le risque de cancer du poumon .
Le radon peut également être dissous dans l’eau et c’est en particulier le cas dans les eaux souterraines lorsqu’elles entrent en contact avec des roches riches en uranium. Les concentrations rencontrées dans les eaux de surface sont en revanche très faibles.
Après ingestion, le radon irradie la paroi de l’estomac mais aussi les autres régions du tractus alimentaire. Il passe dans la circulation sanguine et traverse le foie avant de se répartir dans les tissus les plus riches en graisses, soit la moelle osseuse et les tissus qui sont fortement vascularisés : foie, rein, cerveau et ceux qui se trouvent sur les voies d’épuration du gaz : intestin grêle, colon et poumons.
Différentes études épidémiologiques menées relativement aux effets sanitaires du radon dans l’eau présentent d’importantes limites méthodologiques. Elles n’ont donc pas la capacité de mettre en évidence le lien entre concentration de radon dans l’eau et augmentation du risque de cancer de l’estomac ou de tout autre effet sanitaire. En contrepartie, et compte tenu là encore de ces limites méthodologiques, ces études ne permettent pas non plus d’écarter l’éventualité de risques d’amplitude modérée.
(publié le 19 janvier 2011)