Des dioxines contre la "loi travail"

J-F Narbonne Préventique, 2016, n°148, p.10
Il n’est pas rare de voir des pneus brûler lors de manifestations de rues à la faveur de revendications diverses.
Ces incendies génèrent dans l’atmosphère des produits de pyrolyse et de combustion, dangereux pour l’environnement et la santé.
En effet, les fumées noires contiennent quantité de suies et de particules, des oxydes de carbone, des hydrocarbures légers, des hydrocarbures oxygénés, des métaux, des oxydes métalliques et le caoutchouc génère des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dont le benzo(a)pyrène (BaP), des dioxines, des furanes et des polychorobiphényles (PCBs).
"La combustion sauvage de pneus est 16 fois plus mutagène que celles issues de la combustion ouverte du bois et 13 000 fois plus mutagène que celles issues de combustion de bois en conditions contrôlées".
Les effets sanitaires dépendent des conditions d’exposition et se traduisent fréquemment par des irritations des yeux, des muqueuses ou de la peau et des atteintes respiratoires.
On peut se demander d’où viennent ces quantités de pneus qui devraient se trouver obligatoirement dans les filières de recyclage et de valorisation, au regard d’une législation entrée en vigueur en 2003.
Ces incendies de pneus sont d’ailleurs interdits et les maires sont garants du respect du règlement sanitaire départemental.
A quoi correspond ce comportement de manifestants, dont certains sont des écologistes convaincus, qui conduit à générer dans l’environnement des fumées toxiques et cancérogènes ?
(publié le 21 octobre 2016)