Données nouvelles sur la néphrotoxicité de l’uranium

Y. Gueguen, C. Rouas Radioprotection, 2012, vol.47, n°3, pp.345-359. Bibliographie
L’uranium est un composé chimique qui possède des propriétés radioactives. L’homme peut y être exposé du fait de sa présence dans l’environnement.
La biocinétique de l’uranium dépend de sa voie d’entrée et de sa solubilité. Il se distribue dans l’organisme via la circulation sanguine dans tous les tissus.
Le rein est l’organe principal d’exposition aux effets toxiques de nombreux métaux lourds du fait de son rôle épurateur.
Cette toxicité chimique se manifeste essentiellement au niveau du tube contourné proximal du rein, mais également au niveau du glomérule si la dose administrée est importante. La néphrite tubulaire est révélée par une protéinurie ainsi que par une diminution du débit de filtration glomérulaire.
Malgré une régénération tubulaire, persistent des manifestations chroniques (fibrose interstitielle et infiltration de cellules mononuclées).
En cas d’exposition chronique, à faible niveau, l’utilisation de marqueurs plus sensibles que le taux plasmatique de créatinine ou différents paramètres urinaires s’avère nécessaire quand les lésions sont faibles. Le Kim-1 apparaît comme l’un des marqueurs les plus prometteurs pour le suivi d’ atteintes rénales aiguës ou chroniques.
Des études épidémiologiques menées sur des populations consommant de l’eau contenant de l’uranium ont montré une atteinte tubulaire chez les sujets exposés mais ces résultats n’ont pas été retrouvés de façon constante. Le suivi de militaires engagés durant les conflits du Golfe et des Balkans et exposés aux obus à tête d’uranium souligne une tendance non significative à des dysfonctionnements tubulaires rénaux attribuables à l’uranium.
Si les études montrent que l’uranium possède des propriétés cytotoxiques, les mécanismes exacts de cette toxicité restent encore méconnus ; il semble que sa localisation intra-cellulaire puisse jouer un rôle important et notamment son accumulation préférentielle dans le noyau cellulaire.
(publié le 8 novembre 2012)