Effet sur l’asthme, l’allergie, la fonction pulmonaire et la bronchopneumopathie obstructive en lien avec le fait de vivre près d’une grande route

Effect of living close to a main road on asthma, allergy, lung function and chronic obstructive pulmonary disease. M. Pujades-Rodriguez, S. Lewis, T. Mckeever, J. Britton, A. Venn Occupational and Environmental Medicine, 2009, vol.66, n°10, pages 679-684. Bibliographie.

Un certain nombre d’enquêtes épidémiologiques suggèrent que le risque d’asthme est augmenté chez les personnes qui vivent près des grandes routes. Cependant, la preuve n’est pas solide : les effets sur l’asthme et les conditions allergiques ainsi que les conséquences respiratoires recourant à des mesures objectives comme la fonction pulmonaire et la sensibilisation allergique n’ont pas été largement étudiés. En 1995, 1996 et 2001, des données sur les affections respiratoires et allergiques, ainsi que les facteurs démographiques et de mode de vie, ont été recueillies chez 59 285 enfants (âgés de 2 à 16 ans) et adultes dans le cadre de l’Enquête de Santé pour l’Angleterre, une enquête annuelle représentative au plan national. En recourant à un système informatisé d’information géographique, les auteurs britanniques ont effectué une cartographie des habitations de chaque participant et calculé la distance de la grande route la plus proche. Ils ont estimé l’effet de cette distance sur le signalement d’un sifflement respiratoire au cours de l’année précédente, d’asthme, d’eczéma et de rhume des foins chez 50 994 participants, et sur le volume expiratoire maximum en une seconde (VEMS), l’immunoglobuline E et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) dans les sous groupes de ceux âgés respectivement de 7 ans et plus, 11 ans et plus et 16 ans et plus. Le fait de vivre à moins de 150 mètres d’une grande route n’était pas significativement associé avec une augmentation du risque d’une quelconque des pathologies prises en compte dans aucun des groupes d’âge (odds ratios ajustés allant de 0,85 à 1,05). De plus, il n’y avait pas de preuve que le risque s’aggravait avec l’augmentation de la proximité dans l’intervalle de 0 à 150 mètres où les concentrations en polluants liées au trafic automobile sont les plus élevées.

En conclusion, cette analyse d’un grand échantillon représentatif de la population du Royaume-Uni n’a pas apporté de preuve d’un effet nocif du fait de vivre près de routes principales quant au risque d’asthme, de BPCO ou d’affection allergique en Angleterre.

(publié le 16 juin 2010)