En voyage, le risque santé, ce n’est pas une mince affaire

P. Biberson Face au Risque, 2013, n°493, pp.14-16
La banalisation des voyages d’affaires notamment dans les pays à faible risque ne doit pas dispenser d’une préparation soigneuse du voyage.
Le risque infectieux est souvent mis en avant.
Le paludisme reste une préoccupation majeure et une des causes principales d’hospitalisation, de rapatriement sanitaire et même de décès. Il ne faut pas non plus négliger fièvre dengue ou chikungunya qui sévissent dans toute la zone intertropicale. Il faut aussi compter avec l’apparition des "nouveaux" risques : les maladies émergentes à potentiel épidémique, avec des conséquences en termes de santé mais aussi de mobilité (quarantaine ou risque de fermeture des frontières).
Mais il faut aussi intégrer tous les problèmes mineurs dans le pays d’origine (troubles gastro-intestinaux, infections respiratoires, syndromes grippaux) qui peuvent avoir des conséquences sur le déroulement du voyage et nécessiter des soins locaux, voire même un rapatriement ou le décès.
Le risque traumatique est prévalent (accidents de la circulation, blessures sur le lieu de travail, accidents de loisirs) : première cause de rapatriement et une des premières causes de mortalité pour les voyageurs d’affaires ou les expatriés.
Les accidents cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité à l’étranger.
Pour les expatriés, "le poids des maladies chroniques non infectieuses augmente" : maladies de surcharge pondérale ou celles liées au mode de vie.
Les problèmes psychologiques sont aussi plus fréquents en voyage et concernent plus spécifiquement les expatriés : difficultés d’adaptation culturelle, isolement, etc. ) qui peuvent conduire à des états anxieux, des dépendances aux substances psychoactives et des états psychotiques aigus.
La prévention s’applique à tous et doit inclure une visite médicale appropriée avant le départ. En effet, 46% des demandes d’assistance proviennent des pays classés à "risque faible" comme l’Australie, les États Unis ou l’Europe de l’Ouest. Il s’agit pour la plupart de demandes d’avis médical ou de références à une structure médicale locale mais néanmoins 15% concernent hospitalisations, rapatriements, voire décès.
(publié le 6 juin 2013)