Environnement intérieur

D. Gombert, F. Squinazi, M. Guerbert, J. Fite, C. Galland, O. Merckel, C. le Bâcle, G. Brochard, D. Géhin, Y. Barthe, P. Pirard, O. Catelinois, P. Halimi Le Concours Médical, 2010,vol.132, n°9, pp.363-372 et 377-378
La qualité de l’air intérieur est devenue une préoccupation sanitaire croissante, sachant que les citadins passent plus de 80% de leur temps à l’intérieur, dont 14 heures en moyenne à leur domicile. L’air intérieur contient un mélange de polluants chimiques, physiques et biologiques. Près d’un logement sur 10 présente des concentrations élevées pour plusieurs composés organiques volatils (COV) provenant majoritairement de certains matériaux de construction, meubles, articles de décoration, produits d’entretien ou de nettoyage. On peut ainsi trouver benzène, formaldéhyde, trichloréthylène, toluène, acétaldéhyde, acroléine etc., qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Une enquête menée par l’Insee en 2001-2002 auprès d’un échantillon de 45 000 foyers montre que 40% des habitations présentent au moins un problème de qualité pouvant retentir sur la santé de leurs occupants. Le médecin de famille doit pouvoir observer, questionner, connaître le mode de vie de toute la famille. Il est de ce fait le professionnel de santé le plus à même de limiter les sources de pollution au sein de leur foyer.
L’évaluation des risques est difficile dès lors que l’on a affaire à une exposition continue, à de faibles doses et à un mélange de différents polluants aériens, d’autant qu’il n’existe pas de valeurs guides pour protéger les populations.
En ce qui concerne les risques physiques, il faut compter avec les champs électromagnétiques générés par le téléphone sans fil domestique, les réseaux locaux sans fil : Wi-fi , Bluetooth, etc, les fours à micro-ondes, les plaques de cuisson à induction, les écrans cathodiques, les lampes fluorescentes compactes, les télécommandes, les systèmes d’alarme. Les données de la recherche expérimentale n’indiquent pas d’effets sanitaires à court terme, mais des interrogations demeurent pour les effets à long terme liés à l’utilisation du téléphone mobile.
Le radon est retrouvé dans de nombreux logements français ; il est la première source d’exposition aux rayonnements ionisants en France. Il favorise le risque de cancer du poumon selon une relation exposition -réponse linéaire. La perception de ce risque est sous-estimée, alors que la prévention est possible, notamment par l’aération des habitations et une meilleure étanchéité de leurs sols.
En ce qui concerne les polluants biologiques, l’inhalation des endotoxines peut être responsable d’effets aigus (syndrome digestif ou pseudo grippal) ou chroniques (altération de la fonction pulmonaire). De nombreuses mycotoxines peuvent être retrouvées sur des matériaux moisis notamment après des dégâts des eaux, entrainant des effets sur la santé notamment des symptômes respiratoires (asthme, infections récurrentes, toux, ..) ou des problèmes neurocomportementaux (troubles de la concentration et de la mémoire). Quant au syndrome du bâtiment malsain, (terme proposé en 1983 par un groupe d’experts de l’OMS), imputer arbitrairement à une cause psychologique un certain nombre de plaintes, génère un découragement de la recherche et secondairement un frein au processus d’acquisition de connaissances en santé environnementale.
ua
(publié le 25 août 2010)