Eoliennes et santé : état des connaissances

ERS, Environnement Risques et Santé, 2015, vol.14, n°4, pp. 292-293
Une revue de la littérature a été menée dans l’objectif de trouver des preuves qui incrimineraient le bruit des éoliennes et en particulier les infrasons dans les plaintes rapportées au voisinage des installations.
14 études observationnelles (enquêtes ou études de type transversal) ont été examinées ; elles concernaient des populations distinctes vivant en Suède, Allemagne, Danemark, Nouvelle-Zélande, Pologne, Pays-Bas, Royaume-Uni et États-Unis. "Cette littérature n’apporte pas la preuve convaincante d’un lien entre le bruit des éoliennes et une quelconque pathologie". Si une proportion faible de sujets habitant à proximité des installations rapporte une gêne, elle pourrait être attribuée aux caractéristiques du bruit éolien (son intermittence, sa variation d’amplitude, son rythme "pulsé"), mais aussi à d’autres facteurs environnementaux tels que le type d’environnement rural ou urbain, la topographie des lieux et la visibilité des éoliennes, l’opinion des sujets quant aux éoliennes en général et à leur impact sur le paysage en particulier, ainsi que certains traits de personnalité... ou le bénéfice financier tiré de la présence des éoliennes".
Les infrasons seraient aussi innocentés : en effet "les mesures réalisées montrent que leurs niveaux à des distances aussi proches que 300 mètres d’une éolienne n’atteignent pas le seuil d’audibilité (85 dB)" et à une distance d’1,5 km, la contribution est insignifiante par rapport au niveau de fond.
Il reste à tester la possibilité d’effets adverses à long terme chez l’animal et notamment l’éventualité (très peu probable selon les experts), d’une augmentation de la pression du liquide dans le labyrinthe.
(publié le 10 septembre 2015)