Etude des sous-produits de désinfection de l’eau des piscines

Environnement, Risques et Santé, 2011, vol.10, N°1, pp.11-12
La désinfection de l’eau des piscines induit la formation de sous- produits résultant de la combinaison des désinfectants utilisés, avec les composés organiques azotés provenant des baigneurs (sueur, urine, cheveux, poils, cosmétiques, etc.). Ces sous-produits peuvent pénétrer dans l’organisme des baigneurs par inhalation ou par voie orale. Certains sont connus pour être des irritants respiratoires (tels la trichloramine) ; d’autres (les trihalométhanes, THM) sont suspectés d’être associés à une augmentation du risque de cancer de la vessie.
Les auteurs ont inventorié les sous-produits de désinfection présents dans l’eau et l’air de deux piscines d’une grande ville de Catalogne, dont l’une utilise le chlore et la seconde, un désinfectant bromé.
Respectivement, 68 et 12 échantillons d’air et d’eau ont été prélevés dans la piscine chlorée et la piscine bromée.
100 sous-produits ont été identifiés dont de nombreux halogènes qui n’avaient pas été répertoriés auparavant.
La quantité totale de THM est peu différente d’une piscine à l’autre. Contrairement à l’idée générale, les niveaux moyens de chlore libre dans la piscine chlorée et bromée sont similaires à ceux qui sont habituellement observés dans l’eau du robinet.
Les niveaux de trichloramine sont plus élevés dans la piscine chlorée.
Le potentiel mutagène de deux échantillons d’eau provenant de chaque piscine a été étudié sur deux souches bactériennes exprimant un gène murin. Les résultats montrent que le potentiel mutagène de l’eau de piscine est de même niveau que celui de l’eau du robinet. Néanmoins, un des deux échantillons extraits de la piscine chlorée se distingue par une haute cytotoxicité et sa forte concentration en chloroforme a pu contrarier la détection du potentiel mutagène des autres sous-produits de désinfection.
Toutefois les données restent très partielles et méritent des études complémentaires.
(publié le 2 mai 2011)